Matmatah

Matmatah
© Barclay
Passeport artiste
Date de création:  1995
Pays:  France
Langue:  Français
Genre musical:  Rock / Chanson

"Viens donc faire un tour à Lambé !" Matmatah a commencé par clamer pendant plusieurs moi ce refrain. On a fini par les entendre et par regarder d'un peu plus près leurs oeuvres mais c'est en fait sur scène qu'on a vraiment découvert ce groupe breton. Leurs prestations sont de celles qui font lever le public.

Biographie: 

C'est dans les bars de Brest qu'a pris forme Matmatah. Peu de temps après avoir rencontré Sammy, guitariste comme lui, Stan laisse la musique prendre le pas sur ses études en math sup. Tous deux se mettent à multiplier les petits concerts dans les cafés brestois sous le nom de Tricards Twins. A leur répertoire, des reprises folk rock des années 60 et 70, avec au programme les Beatles, Simon et Garfunkel.

Au cours d'une des ces prestations, ils font connaissance avec Eric, bassiste, et de Fanch, batteur. Le quatuor choisit de se faire appeler Matmatah, en référence au petit village Matmata (sans "h") situé dans le sud-est de la Tunisie où Stan a habité dans son enfance. L'alchimie prend vite entre eux et ainsi dès 1996, on les voit faire la première partie de FFF.

Auto production

Ils ne traînent pas, enchaînent à un rythme effréné les prestations dans toutes les salles et les cabarets de Bretagne, tentent même le coup à Paris en passant dans un club de jazz, le Baiser Salé. Le travail de fidélisation porte ses fruits lorsque sort en juillet 1997 un CD 2 titres, auto produit et auto distribué. Les mille premiers exemplaires s'écoulent en une semaine et le groupe est en tête des ventes dans sa ville. Au fur et à mesure que les disques sont à nouveau pressés, le phénomène Matmatah, loin de ralentir, prend davantage d'ampleur et s'étend à toute la Bretagne.

En quelques mois, 30.000 simples sont vendus. Imprégnés de pop rock anglaise, les quatre garçons qui n'ont à cette époque pas encore 25 ans, piochent également sans le vouloir dans leurs racines celtiques et glissent ici ou là une poignée de mots bretons, le tout dans une ambiance fraternelle et festive, dans l'esprit des chansons à boire. Les deux premiers morceaux qui les ont fait connaître reflètent cette atmosphère joyeuse et bon enfant, à l'image des "Moutons", un air traditionnel qui n'a ni queue ni tête car le texte, en permanente évolution, est une succession de phrases ajoutées par l'assistance.

Rengaine bretonne

Avec sa rengaine toute simple, "Lambé an dro" est de ces invitations qu'on lance en l'accompagnant d'une tape amicale dans le dos : " Si aux exams tu t'es planté, viens donc faire un tour à Lambé, si t'as quelque chose à fêter, viens donc faire un tour à Lambé, y'a du chouchen à volonté, viens donc faire un tour à Lambé". Si l'endroit est idéalisé, il n'a rien d'utopique car c'est à Lambézellec, un quartier de Brest où ils ont pris l'habitude de se retrouver, que les musiciens font référence.

Lancé sur les rails d'un succès inattendu, Matmatah reçoit le soutien d'une maison de disques et part enregistrer son premier album en Grande Bretagne qui sort en juin 1998. Le titre "la Ouache", est une expression pour qualifier leur jeu, énergique, tandis que les sujets abordés continuent de sentir bon les troquets, les rencontres qu'on y fait et les discussions qu'on y tient, qu'il s'agisse de "la Fille au chat noir" ou d'"Emma", l'héroïne de la série de télévision britannique "Chapeau melon et bottes de cuir".

L'impact de "la Ouache" ne se fait pas attendre. Du statut de gloire locale, le groupe passe à celui de révélation nationale. En un peu plus de six mois, la barre des 300.000 albums vendus est franchie pour atteindre celle des 750.000 au printemps 2001. Matmatah s'est construit avec la scène et entend asseoir sa réputation au-delà de la Bretagne avec ce disque. Pendant deux ans et demi, les musiciens sillonnent la France sans s'arrêter et donnent plusieurs centaines de prestations dans des salles pleines à l'avance.

Trois ans après leur premier passage dans un club parisien, ils reviennent dans la capitale pour jouer cette fois, devant un Zénith comble. Du Printemps de Bourges aux Vieilles Charrues en passant par la Fête de l'Huma ou les Francofolies qui les emmènent à Montréal et à Spa, ils apparaissent sur les scènes des plus grands festivals. En 1999, ils enregistrent un CD 4 titres live qui sort au début de l'année suivante, à la fois pour faire patienter leurs fans et pour faire découvrir une autre facette de Matmatah à travers les reprises de "Twist And Shout", interprété par les Beatles en 1963, et "Heroin" de Lou Reed.

Démêlés judiciaires

Au cours de cette longue et épuisante tournée, le groupe passe par Nantes en novembre 1998. Ce concert qui se déroule comme tant d'autres est pourtant à l'origine d'une procédure judiciaire à l'encontre du quatuor brestois. Ce soir-là, un policier de la brigade des stupéfiants est présent parmi le public. Il avait déjà alerté la justice quatre ans plus tôt en entendant "Mangez-moi, mangez-moi", un tube du groupe rennais Billy Ze Kick vantant les mérites de champignons hallucinogènes. A la suite de ce concert donc, il saisit le procureur après avoir été choqué par les paroles du morceau "l'Apologie" dans lequel Matmatah explique entre autres que "Un pétard ou un Ricard, si t'as vraiment le cafard, à choisir y'a pas photo, moi je choisis le maroco. Les alcools ont leurs soûlards, la cana c'est le panard. Y'en a qui le mystifient, moi j'en fais l'apologie."

Poursuivis pour "Provocation à l'usage et au trafic de produits stupéfiants et présentation sous un jour favorable de ces produits", soutenus néanmoins par une pétition qui recueille plus de 10.000 signatures, les musiciens sont condamnés à l'issue du procès tenu en mai 2000 à 15.000 francs d'amende chacun. Ils décident de ne pas faire appel mais l'épisode conserve pour eux un goût amer. Toujours avec humour, ils reviennent sur cette affaire dans "Quelques sourires", le premier single de leur second album.

2001 : "Rebelote"

Pour donner une suite à "la Ouache", après quelques mois de repos, Stan, Sammy Eric et Fanch sont retournés en Grande Bretagne. Au Great Linford Manor, un vieux manoir du XVIIème siècle situé en pleine campagne et où sont passés avant eux PJ Harvey, Skunk Anansie ou Jamiroquai, ils retrouvent le producteur Jesus Presley qui avait mixé leur CD 4 titres live et Douglas Cook qui avait participé à leur premier album. Sur la console utilisée par Pink Floyd pour "Wish You Were Here", ils enregistrent en cinq semaines les onze morceaux de "Rebelote" qui sort au printemps 2001.

Tourné vers un rock plus pur, moins potache d'après l'avis même de ses auteurs, il correspond à l'état d'esprit qui anime Matmatah aujourd'hui. Les étudiants fêtards sont devenus des musiciens aguerris, prêts à repartir sur la route pour défendre leurs nouvelles chansons en commençant par les grands festivals de l'été tels que Solidays, les Eurockéennes ou les Vieilles Charrues auxquels ils semblent déjà abonnés.Ils se produisent tout de même à l'Olympia à Paris les 8 et 9 juin. En 2002, sortent un live "Lust for a live" et un DVD intitulé "Piste off".

2004 : "Archie Kramer"

Après une pause qui permet au groupe de prendre un peu de recul, après un changement de batteur et quelques concerts de soutien à des causes humanitaires, revoilà Matmatah dans les bacs des disquaires. En effet, en octobre 2004, il sort un nouvel opus intitulé "Archie Kramer" dont il assure la production lui-même. Il fait appel quand même pour le mixage à Head, qui s'est occupé entre autres, des albums de PJ Harvey ou de Dominique A. Les douze morceaux que constituent l'album oscillent entre douceur et énergie, rock et ballade. Le premier simple qui passe sur les ondes s'intitulent "Casi el silencio". Une tournée démarre dès la fin octobre.

Début janvier 2005, le groupe de Brestois hésite à honorer une tournée en Inde qui devait les mener de Delhi à Bombay entre mi-janvier et début février. Le 26 décembre 2004, le tsunami a en effet meurtri toutes les côtes d’Asie du sud. L’Inde est largement touchée. Leurs contacts sur place les encouragent à partir. Présenté en Inde comme un des groupes de rock majeurs en France, ils finissent par s'y rendre et vivent une tournée inoubliable. Après un dernier concert au Chavan Auditorium de Bombay, ils rentrent en France, et sortent un disque de six titres inédits : "And time goes friendly". Un titre à double sens dans le contexte indien et dans celui du groupe, pour qui le temps permet de déployer sa créativité ? Le clip "Comme si de rien n’était" de Christophe Acker est largement diffusé sur les chaînes musicales.

2007 : "La Cerise"

En mars 2007, Matmatah sort "La Cerise" un album assez rock enregistré entre Brest et Carpentras sur une console EMI de la fin des années 1960. Le son brut et les textes, en français, en anglais et plus sombres que sur les albums précédents leur permet de se rapprocher d’un son rock des années 70… Le groupe est bien loin de son image médiatique du rock celtique. A partir du mois d'avril, Matmatah reprend la route, en France tout d'abord, puis au Québec et en Europe. Il se produit aussi à Paris, à la Cigale les 2 & 3 mai.

Août 2007

Discographie
ANTAOLOGY
ANTAOLOGY
Coffret - 2014 - Upton Park Publishing
GREATEST HITS 1998-2008
GREATEST HITS 1998-2008
Compilation - 2010 - Barclay
LA CERISE
Album - 2006 - Barclay
ARCHIE KRAMER
Album - 2003 - Barclay
LUST FOR A LIVE
Album - 2001 - Trema
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