Yann Tiersen

Yann Tiersen
© Rob Ball
Passeport artiste
23/06/1970
Brest (France)
Pays:  France
Qualité:  Compositeur
Genre musical:  Rock

Yann Tiersen n'est pas un chanteur. Cependant, il tient une place de choix dans le paysage musical, sans paroles, sans guère de textes, mais par la grâce de ses compositions, obsédantes et intimistes.

Biographie: 

Breton de Brest, Yann Tiersen est né le 23 juin 1970. Elevé à Rennes, ses parents tous les deux professeurs de lettre divorcent alors qu'il est très jeune. Yann n'est pas un très bon élève à l'école contrairement au conservatoire où il excelle. De 6 à 14 ans, Yann apprend le violon et le piano. Plus tard, il apprendra même la direction d'orchestre. Mais d'un univers très classique, Yann Tiersen évolue vers le rock à l'âge adulte.

Dans une ville de Rennes musicalement explosive dans les années 80, il fait partie de plusieurs groupes. Ses goûts vont alors plus vers Joy Division et la vague post-punk que vers ses années de conservatoire. Il commence à écrire des pièces musicales pour des courts-métrages ou le théâtre. Déjà, il utilise maints instruments et compose des morceaux tout en délicatesse, hors mode. Son éducation classique est toute entière dans ses morceaux mais il y insuffle une dimension personnelle, une marque de fabrique bien à lui.

1995 : "la Valse des monstres"

De fil en aiguille, naît son premier album, "la Valse des monstres", en 1995, qui reprend beaucoup de son travail pour la scène et le cinéma. Il sort dans une certaine indifférence comme le suivant un an plus tard, "Rue des cascades", vingt morceaux très dépouillés. Si ces deux albums ne sont guère remarqués par le public ou par la critique, Yann Tiersen est en revanche une certaine notoriété sur la scène rennaise.

En décembre 95, il est tout naturellement présent aux Transmusicales de Rennes. C'est en fait par ses performances scéniques, qu'il se fait un nom. Au milieu d'un aménagement d'instruments en tous genres (toy piano, percussions, violon, accordéon, xylophone,…) à la fois sobre et très étudié, presque esthétique, Yann joue une sorte de pièce musicale, comme un seul morceau, comme une seule histoire d'où se dégagent des touches de folklore, de valse ou de chanson. Son talent presque théâtral l'amène à donner quelques représentations au festival d'Avignon en juillet 96.

C'est en 1998, avec l'album "Le Phare" que Yann Tiersen explose aux yeux du grand public. Grâce au titre "Monochrome" composé par Dominique A, sa musique est nettement plus largement diffusée sur les antennes radios et ses premiers disques sont réédités. Des metteurs en scène de cinéma reprennent certains titres dans leur film à commencer par André Téchiné dans "Alice et Martin", mais surtout Eric Zonca qui fait de "la Rue des cascades" le générique de fin de "La Vie rêvée des anges", récompensé au festival de Cannes. Cet album est enregistré entre autre sur l'île d'Ouessant au large de la Bretagne.

En mars 98, Yann Tiersen donne un concert au Café de la Danse avant d'entamer une tournée en décembre. Occasion pour lui de retrouver en vedette les Transmusicales de Rennes où il donne un concert exceptionnel dans le cadre de l'émission de radio les Black Sessions de Bernard Lenoir sur France Inter. Pour cette occasion, Yann Tiersen est entouré d'une flopée d'invités, Françoiz Breut, Dominique A, les Married Monk, les Têtes Raides, Mathieu Boogaerts, Bertrand Cantat, chanteur de Noir Désir et de l'Irlandais Neil Hannon plus connu sous le nom de Divine Comedy. Cette affiche alléchante donne lieu à un album live, "Black sessions".

1999 : "Le Phare"

Fort du succès rencontré par "le Phare", Yann Tiersen sort le 23 mars 1999 un album dans une plus grande lumière médiatique. En partie enregistré en janvier, dans son appartement du 20è arrondissement de Paris, "Tout est calme", est un disque un peu différent des précédents, plus rock'n'roll, avec de nouvelles versions d'anciens titres. Une tournée suit au printemps avec un Olympia à Paris le 16 mars dans le cadre du festival de Jeux. En juin, il participe au disque du GISTI, collectif d'artistes mobilisé pour les sans-papiers. A l'automne, Yann Tiersen s'envole en Asie pour une tournée entre le Japon et Singapour, après un passage à Barcelone en septembre. Puis, à son retour il monte le 13 décembre sur la scène du Bataclan à Paris.

En octobre, Yann Tiersen sort une compilation d'artistes de son propre label, Ici d'ailleurs. Il avait fait une apparition sur l'album du groupe de hard rock Bästard, "la Mancha", produit par ce label, et sorti en 98.

En avril 2000, Yann Tiersen fait la première partie de Juliette Gréco au Barbican Center de Londres. Après l'été, on lit son nom sur le nouvel album de Françoiz Breut.

2001 : "L’Absente"

L'année 2001 voit Yann Tiersen passer un cap dans le succès. Le 10 avril, il sort son nouvel album "L’Absente", une perle singulière, aux tons toujours plus expressionnistes et aux voix nombreuses : Dominique A ("Bagatelle"), l’Anglais Neil Hannon ("les Jours tristes"), l’Américaine Lisa Germano ("la Parade", "le Méridien") et sa compagne Natacha Régnier, comédienne dans le film d’Erick Zonca, "La Vie rêvée des Anges" illustré magistralement par, entre autres, l’entêtant "la Rue des cascades". Cette dernière pose sa voix mi-parlée mi-chantante sur "l’Echec" et "le Concert", aux côtés, c’est plus rare, de celle de Yann Tiersen.

Parallèlement, sort au cinéma le film de Jean-Pierre Jeunet "le Fabuleux destin d'Amélie Poulain" dont Tiersen a fait la musique. L'énorme succès du film entraîne celui de la bande originale (double disque d'or soit 200.000 ventes début juillet 2001 pour atteindre les 600.000 mi-2002) qui se classe en tête des ventes durant plusieurs semaines apportant ainsi au musicien un auditoire beaucoup plus vaste. En conséquence, l'album "l'Absente" établit de très bons chiffres de vente également (plus de 100.000 en octobre).

La Scène

Dès avril, Yann Tiersen part en tournée. Il emmène avec lui deux chanteuses et un ensemble à cordes dont le premier violon et le violoncelle sont des transfuges des musiciens qui ont joué avec William Sheller l'année précédente. On le voit au Printemps de Bourges le 18 avril, puis devant l'Assemblée nationale le 21 juin pour la Fête de la musique. Quelques jours plus tard, il partage l'affiche avec Jacques Higelin sur le parvis de l'Hôtel de Ville parisien pour les 100 ans de la loi de 1901 sur les associations.

Au cours de l'été, il participe naturellement à quelques festivals comme les Eurockéennes de Belfort début juillet ou la Route du Rock de St Malo en août. Il entreprend à l'automne une tournée qui passe par une quinzaine de villes françaises et qui fait halte à Paris pour trois concerts les 20, 21 et 22 novembre à l'Olympia.

La tournée continue de plus belle en 2002 avec un passage au Royal Albert Hall de Londres le 5 février. Il donne également une série de concerts exceptionnels à la Cité de la Musique de Paris du 15 au 17 février avec l'Ensemble orchestral Synaxis dirigé par Guillaume Bourgogne. Ce récital avec une cinquantaine d'intervenants sur scène est une co-production de la Cité de la Musique et du festival du Printemps de Bourges qui doit accueillir la performance le 12 avril.

Grâce à son passage à la Cité de la Musique, Yann Tiersen peut publier en octobre, un double CD live intitulé "C'était ici". On retrouve sur certains titres sélectionnés, environ une trentaine, des invités comme les Têtes Raides et Dominique A venus se produire avec lui à cette occasion.

L'année 2003 débute par l'enregistrement de la bande originale du film du cinéaste allemand Wolfgang Becker "Good bye Lenin". Les 18 titres composés par Tiersen sont interprétés par l’ensemble orchestral Synaxis (trente-cinq musiciens dirigés par Guillaume Bourgogne). Le film sort en février en Allemagne, plus tard dans d'autres pays. Il rencontre un très grand succès à travers l'Europe.

Alors que Yann Tiersen travaille sur les maquettes d'un album plus personnel, il fait la connaissance début 2004, de l'artiste canadienne, Shannon Wright. Ils se découvrent une sensibilité artistique proche l'une de l'autre et décident de jouer et de monter un projet ensemble. En novembre, sort "Yann Tiersen & Shannon Wright", le produit de leur rencontre qu'ils présentent aux Transmusicales de Rennes du 3 au 5 décembre.

2005 : "Les Retrouvailles"

Attendu depuis longtemps, l'album original de Yann Tiersen sort finalement en mai 2005. Enregistré en partie sur l'île d'Ouessant en Bretagne, comme il l'avait fait pour "Le phare", le disque, intitulé "Les Retrouvailles", permet de retrouver l'univers musical cher au musicien, avec ces ambiances si  particulières. Côté voix, le Breton s'entoure d'invités prestigieux comme Liz Fraser des Cocteau Twins, Jane Birkin ("Plus d'hiver", un titre sur lequel Yann Tiersen dénonce un monde uniquement voué à l'économie), Dominique A et Miossec pour un trio sur la chanson "Le jour de l'ouverture" et Stuart Staples, le chanteur des Tindersticks.

Tiersen démarre rapidement une série de concerts dans une formule plutôt rock. Il part sur les routes de France, d'Irlande, du Japon et d'Espagne. Une façon de dire que sa musique n'a pas de frontière.

Ces concerts permettent la sortie d'un album live "On tour" en novembre 2006. Quatre des onze titres proposés sont des inédits. On trouve aussi un titre de Diam's "Ma France à moi" que la rappeuse est venue interpréter sur la scène du Printemps de Bourges lors du passage du Breton. En plus du CD, "On tour" sort sous la forme d'un DVD conçu comme un véritable carnet de voyage.

Après quelques dates en Australie, en Indonésie et en Chine, Yann Tiersen se produit au Bataclan à Paris le 11 décembre.

Yann Tiersen se remet à l'écriture d'un album. Il s'agit cette fois de la bande originale d'un documentaire de Pierre Marcel consacré au navigateur Eric Tabarly et intitulé simplement "Tabarly". Le film sort en juin 2008. Pour les Transmusicales de Rennes 2008, il est associé à un groupe des Iles Féroé, Orka, pour une création qui dure plusieurs jours.

2009 : "Finistériens"

Yann Tiersen propose à Christophe Miossec de faire un album tous les deux. En 2008, ils planchent sur l'écriture et l'enregistrement de ce qui deviendra "Finistériens", des chansons dont les paroles sont écrites par Miossec et les musiques composées pour une grande part par les deux hommes. La réalisation est confiée à Tiersen et l'enregistrement se fait essentiellement dans son studio parisien.

Le duo se retrouve sur différentes scènes hexagonales (dont le Quartz à Brest) avec d'autres musiciens en janvier et février 2009, pour présenter les chansons de "Finistériens" avant la parution de l'album en septembre.

Yann Tiersen reprend ses activités personnelles et repart en tournée. Il se produit aux Etats-Unis et au Canada en avril et mai, puis en Chine, en Espagne et au Portugal en juin et juillet. C'est au festival francilien Rock en Seine qu'on le retrouve fin août en France. En septembre et octobre, Yann Tiersen entreprend une tournée européenne avec le groupe Orka qu'il avait rencontré aux dernières Transmusicales à Rennes.

2010 : "Dust Lane"

Yann Tiersen sort un nouvel album le 4 octobre 2010, qu'il nomme "Dust Lane". Il l'a en grande partie brodé sur l'île d'Ouessant, en Bretagne, où son pied-à-terre lui procure toujours autant d'inspiration. Cette sixième production, très rock et symphonique, n'a rien à voir avec les précédentes. Lassé de la structure traditionnelle couplet, refrain, pont, le compositeur s'est laissé emporter par les claviers vintage, les textures analogiques, les guitares électriques et les chœurs (scandés par l'Anglais Matt Elliot, Gaelle Kerrien ou encore les Français de Syd Matters). Il créé ainsi un disque tempétueux qui déconstruit totalement son image d'accordéoniste/violoniste montmartrois.

Sitôt le disque publié (sous l'étiquette londonienne Mute), Yann Tiersen s'envole aux Etats-Unis pour une série de concerts. Il revient en France le 22 novembre 2010 pour en donner un à l'Elysée Montmartre, avant de poursuivre sa tournée en Amérique et en Europe en 2011. En juillet, il se produit en Italie, en Grande-Bretagne et en République Tchèque.

A peine sorti de l'aventure du précédent album, Yann Tiersen, toujours très inspiré, sort en octobre 2011, un nouvel opus, Skyline. Il poursuit ses collaborations avec d'autres artistes et invitent donc le groupe danois électro rock Efterklang, Syd Matters ou Matt Elliot. Il continue à donner des concerts à travers l'Europe. 

L'infatigable musicien se lance dans un nouveau projet, très électro cette fois, avec l'un de ses comparses sur scène, Lionel Laquerrière, et le musicien et producteur Thomas Poli (Dominique A, Laetitia Sheriff, Miossec…). Baptisés ESB ("Elektronische Staubband "), tous les trois composent sur des claviers analogiques des titres inspirés du krautrock. Le trio se produit lors de plusieurs festivals européens, notamment la Route du Rock à Saint-Malo en 2012, avant de sortir un premier simple en 2013, "Thoré Single Club", et d'enregistrer un album l'année suivante pour une parution en octobre 2015.

En parallèle, Yann Tiersen mène d'autres projets et collaborations. Gaumont et la ZDF/ Arte font appel à lui en 2013 pour composer une nouvelle bande originale de la saga des films "Fantômas", réalisés en 1913 par le cinéaste Louis Feuillade. Directeur artistique de cette œuvre musicale, Tiersen s'entoure de plusieurs musiciens d'horizons divers, comme la formation islandaise Amiina ou le multi-instrumentiste suédois Loney Dear. Une représentation de ce ciné-concert est donnée le 31 octobre au Théâtre du Châtelet à Paris.

2014 : "Infinity"

Le huitième album du Breton paraît en avril 2014. Sur "Infinity", enregistré en Islande et sur l'île d'Ouessant, Yann Tiersen s'aventure encore davantage vers l'expérimental et l'électronique, en modelant des bases acoustiques sur synthétiseur à la manière des samples. Des chants en breton, en féroïen et en islandais viennent souligner ses inspirations puisées dans son attachement à l'insularité.

Pour soutenir la sortie du disque, le musicien se lance en juillet 2014 dans une initiative originale, une tournée à vélo des disquaires indépendants en Bretagne, lors de laquelle il parcourt plus de 1000 km en quelques jours. Cette expérience le mène ensuite à entamer une sorte de tour du monde musical à vélo. La première étape de ce projet se déroule en Norvège en juillet 2015 : accompagné de deux de ses musiciens, ils parcourent durant dix jours la côte nord du pays, d'Alta jusqu'à Harstad, ponctuant ce voyage de concerts et d'enregistrements au cœur de la nature sauvage scandinave. De cette aventure naîtra son prochain album, réalisé loin de la civilisation. Un documentaire est tourné à cette occasion.

Novembre 2015

 

Discographie
EUSA
Album - 2016 - Mute Records
INFINITY
INFINITY
Album - 2013 - Mute Records
SKYLINE
SKYLINE
Album - 2010 - Mute Records
DUST LANE
Album - 2009 - Mute Records
TABARLY
Album - 2007 - Virgin
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