Zachary Richard

Zachary Richard
© Julien Faug
Passeport artiste
08/09/1950
Lafayette (Etats-Unis)
Pays:  États-Unis
Langue:  Anglais Français
Qualité:  Auteur / Chanteur / Compositeur
Genre musical:  Rock / Chanson

Artiste américain, Zachary Richard est un des représentants les plus célèbres de la musique cajun jouée par les francophones de Louisiane. Pourtant, cette étiquette un peu trop juste au regard de l'éclectisme de sa musique, en fait le porte-parole de cette communauté à travers le monde entier.

Biographie: 

Ralph Zachary Richard est né en 1950 à Lafayette dans le sud de la Louisiane en pays cajun. A l'âge de huit ans, il commence à étudier le piano et à quatorze, il joue de la guitare, fortement marqué par des "song writers" comme Bob Dylan ou les bluesmen style Muddy Waters. La culture anglo-saxonne fait partie de son environnement extérieur alors que ses propres grands-parents, issus d'une famille de Cajuns ne parlent que le français.

Partie intégrante de la population louisianaise, les Cajuns (déformation anglaise de "cadiens") sont les descendants d'Acadiens (l'Acadie était une région du Canada) français qui furent déportés en 1755 vers cette terre des Etats-Unis alors qu'ils refusaient de prêter le serment d'allégeance à la Grande-Bretagne qui à l'époque gouvernait une partie de l'Amérique du Nord. Cette histoire douloureuse a forgé au fil des siècles une identité propre aux Cajuns qui les singularisa longtemps à tel point que le gouvernement des Etats-Unis interdira au milieu du XX ème siècle l'usage de la langue française. Dans les années 70, sous l'impulsion du CODOFIL (Conseil pour le Développement du Français en Louisiane) la culture cajun reprend vie en Louisiane. La langue de Molière devient langue officielle dans cet état et est enseignée dans les écoles.

C'est dans ce contexte que Zachary Richard va trouver son inspiration artistique. Diplômé d'histoire de la Tulane University (Nouvelle Orléans) en 72, c'est en fait vers la musique qu'il se tourne en cette période de renouveau folk et de retour aux sources, inspirés par les mouvements de jeunes dans le monde entier. Zachary alors très imprégné des idéaux de la "Beat generation" dont il avait rencontré un des représentants Allen Ginsberg en 1968, part pour New York et s'engage dans une carrière de chanteur que ses parents ne voient pas d'un très bon œil.

Une conscience cajun

Décidé à remettre en selle le répertoire de sa région natale, Zachary s'achète un accordéon diatonique, instrument symbole de la musique cajun et apprend à en jouer tout en intégrant le français à ses chansons. Il enregistre un premier disque chez Elektra qui ne sortira jamais. Même s'il passe dans quelques clubs, il ne rencontre pas grand succès et décide de retourner en Louisiane. C'est en 73 au Festival de Vierzon qu'il fait ses premières armes en France devant un public acquis au folk. L'été suivant, il se produit à travers le pays avec un répertoire personnel et des reprises de morceaux cajuns. Il va pour la première fois au Québec, terre de ses ancêtres en 75. L'Acadie lui révèle une conscience politique et culturelle qui va le mener vers une certaine forme de militantisme francophone.

L'album "le Bayou des mystères" qui sort en 76 chez Kebec disc, est la première production de Zachary Richard avec le groupe Bayou Drifter Band (dans lequel on retrouve Michael Doucet, futur Beausoleil). Le second opus qui date de l'année suivante, est intitulé "Mardi gras" et sort cette fois chez Polydor avec un titre phare, reprise d'un traditionnel cajun "Travailler c'est trop dur". Cette chanson sera aussi chantée par Julien Clerc en 78 et contribuera à la rendre encore plus célèbre.

L'album "Migration" sort en 78 et devient disque d'Or au Québec où Zachary s'est installé. A la musique traditionnelle cajun et zydeco, vient s'ajouter le blues et le rock anglo-saxon. Ce mélange est la marque de fabrique incontestable du Louisianais qu'il a parfois du mal à faire passer. Mais Zachary est inspiré : il enchaîne "Allons danser" en 79, un "Live à Montréal" en 80, "Vent d'été" en 81 avant "Zack attack" en 84 qui est le premier album après sa réinstallation en Louisiane, à Lafayette. Car même s'il chante en français, Zachary est très attaché à sa terre natale américaine. Cet album n'a pas le succès escompté. De l'aveu même de l'artiste a posteriori, les influences diverses exprimées là ne donnent pas un résultat homogène et harmonieux. Cela l'amène sans doute à prendre des chemins artistiques un peu différents.

1986 : "Looking back"

En 86, sort "Looking back" en même temps qu'il se produit à Paris à l'Olympia le 24 février et au Festival du Printemps de Bourges en avril. "Zack's Bon Ton" est l'opus daté de 1988 qui précède "Mardi gras Mambo" qui lui, comprend des titres en anglais comme "Everytime" aux accents réellement bluesy, histoire de conquérir le public anglophone.

Zachary signe alors un nouveau contrat avec une maison de disques internationale, A&M et publie en 90 "Women in the room". L'instrumentation est beaucoup plus dépouillée que dans les disques précédents, cela accentue sans doute l'esprit rock que l'artiste désire insuffler à ses chansons. Le simple, extrait de l'album s'intitule "My Nanette". Toujours dans la même veine, l'album "Snake Bite Love" sort deux ans plus tard. Le disque est produit par Bill Wray qui auparavant a travaillé avec des groupes de rock "musclés". Les critiques musicaux comparent les chansons à celle de Springsteen. Le son est résolument plus anglo-saxon.

Il suffit d'un voyage au Canada en 95 pour que Zachary renoue avec la langue française. Il compose et écrit des textes dans la langue de Molière. Il enregistre donc un album qui sort l'année suivante "Cap enragé". D'aucuns disent qu'il s'agit là de l'album le plus abouti de sa carrière. Il est certifié disque platine au Canada en décembre 1997 (300.000 exemplaires) et Zachary reçoit le Felix de "l'Artiste de la francophonie s'étant le plus illustré au Québec", prix décerné par l'ADISQ.

Il profite de ce "retour aux sources" pour effectuer une tournée en France, passe par le festival du Printemps de Bourges en avril et les Francofolies de La Rochelle en juillet. Il revient aussi au Québec où il se produit au Festival d'été de Québec et aux Francofolies de Montréal. Comme chaque année depuis 81, il donne un concert au Jazz & Heritage Festival de la Nouvelle Orléans.

Ses activités ne se cantonnent pas à l'enregistrement de disques et aux concerts. Il écrit aussi de la poésie, milite évidemment pour la cause des Cajuns en général et en particulier pour la survivance de la langue française en Louisiane. Il soutient aussi des organisations ou associations écologistes.

En 99, l'artiste sort un nouvel opus intitulé "Cœur fidèle", un bel hommage à la Louisiane, profonde et sombre parfois. L'année suivante, une compilation, "Travailler c'est trop dur / Anthologie 1976-1999" est mise sur le marché.

Zachary Richard met cinq ans avant de reprendre l'écriture d'un nouvel album. De son propre aveu, il ne voit pas le temps passé et se consacre à d'autres activités comme des projets de documentaires. L'ouragan Katrina (29 août 2005) vient bouleverser la sortie du disque. Sa maison de Marais Bouleur à 200 km de la Nouvelle Orleans sert de refuge après la catastrophe. Le chanteur se lance alors dans une action d'aide aux victimes. En novembre, il organise avec son ami Francis Cabrel un grand concert de soutien, au Palais des Congrès à Paris avec de nombreux autres artistes français.

2007 : "Lumière dans le noir"

Cette année 2005 est aussi marqué par la disparition de son père, dont il était très proche. "Lumière dans le noir", l'opus qui sort en 2007, lui est donc dédicacé. On y retrouve le temps d'un duo, "La promesse cassée", son ami Cabrel, accompagnés à la trompette par Wynton Marsalis. Plusieurs autres invités de marque, Isabelle Boulay, Ani DiFranco, mais aussi les guitaristes Sanseverino, Sonny Landreth et Freddy Koella (l'accompagnateur de Bob Dylan) participent à ce disque. Les thèmes évoqués sont ceux d'un militant : le génocide au Rwanda ("Ô Jésus") la situation difficile des bélugas du Saint-Laurent ("La ballade de DL 8-153"), l'évocation de Beyrouth bombardé ("Le Souvenir"). Pour autant, Zachary Richard ne veut pas sombrer dans la noirceur totale et l'écriture vient sans doute apaiser les doutes et les souffrances.

En mars 2007, il entame une tournée au Québec, puis se produit dans plusieurs festivals.

Chanteur et multi-instrumentiste de talent, Zachary est depuis le début de sa carrière, tiraillé entre deux mondes, deux langues. Il est sans doute le seul à l'heure actuelle à pouvoir revendiquer une telle richesse culturelle.  

Juin 2007

Discographie
LE FOU
LE FOU
Album - 2013 - Pbox - Huggy's Music / Sony Music
LUMIERE DANS LE NOIR
LUMIERE DANS LE NOIR
Album - 2006 - Exclaim / Archambault
HIGH TIME
HIGH TIME
Album - 2000 - Rhino records
CŒUR INFIDELE
CŒUR INFIDELE
Album - 1999
SILVER JUBILEE : BEST OF
SILVER JUBILEE : BEST OF
Compilation - 1998 - Rhino records
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