Catherine Sauvage, quand la Rive gauche s'éteint petit à petit…

Catherine Sauvage, 1955 © Archives / AFP

La chanteuse Catherine Sauvage vient de disparaître dans la nuit du 19 au 20 mars à Bry-sur-Marne dans la région parisienne, des suites d'une longue maladie.
 

De son vrai nom Janine Saulnier, elle est née à Nancy en 1929. Si elle commence sa carrière artistique en devenant comédienne au début des années 50, son véritable talent se révèle quand elle se lance dans le cabaret, au Bœuf sur le Toit notamment, proche des Champs-Elysées à Paris. En 53, elle rencontre Léo Ferré qui lui propose sa chanson "Paris Canaille". Elle restera fidèle à cette auteur et interprétera de nombreux textes avec un sens aigu de la mise en scène, donnant ainsi à des titres comme "l'Homme", "le Piano du pauvre" ou "Comme à Ostende" une dimension lyrique.

A son répertoire, figurent aussi Georges Brassens, Louis Aragon, Pierre Mac Orlan, Bertolt Brecht et même le Québécois Gilles Vigneault qu'elle contribue en 66 à faire connaître au public français. Mais la vague yéyé va reléguer au second plan la chanson réaliste version "rive gauche". Catherine Sauvage laisse alors son habit d'interprète pour endosser celui longtemps délaissé, d'actrice de théâtre.

Compagne durant de nombreuses années de Pierre Brasseur, elle reste pourtant très attachée à la poésie. En 68, elle revient chanter à Bobino, récital qui donne naissance à "Bobino 68", considéré comme un de ses meilleurs disques. Quelques tours de chant plus tard, elle décide de mettre un bémol à sa carrière à l'aube des années 80. En 92, elle enregistre pourtant un dernier disque de poèmes de Jacques Prévert. On doit sa dernière prestation sur scène à Jean Guidoni qui l'invite aux Francofolies de la Rochelle en 94.

Interprète hors pair, elle contribue à faire connaître des auteurs et poètes francophones majeurs. Représentante de la "chanson à texte", cette femme de caractère, sobre d'apparence, a sans conteste, marqué son époque.