Isabelle Boulay tourne

© Alexis Duclos

Isabelle Boulay croit en sa bonne étoile. Elle le peut. La chanteuse québécoise vient d'être récompensée par trois Félix au dernier gala de l'ADISQ à Montréal. Celui de la meilleure interprète féminine, du meilleur album populaire et du meilleur spectacle pour Mieux qu'ici bas. Elle ne pouvait mieux rêver pour entamer sa première vraie tournée française.

Nous avons rencontré Isabelle Boulay, quelques semaines avant son sacre, à l'Avenue, tout près des studios de la radio Europe1. Elle en sort ravie après un bœuf avec le Malien Mory Kanté. La rousse québécoise est alors sur un nuage. En seulement deux albums chez nous, cette chanteuse de 29 ans, originaire de Gaspésie, a réussi à s'imposer comme interprète sur la scène française. Des galons gagnés de ce côté-ci de l'Atlantique qui sont pour beaucoup dans ses trois Félix et pas moins de huit nominations.

L'année Boulay

Avec une pluie de récompenses, 2001 est sans conteste l'année Boulay. En février dernier, elle est récompensée par une double Victoire de la musique dans les catégories Album découverte et Artiste découverte. Sa chanson Parle moi, de Jimmy Kapler (alias Robert Goldman, frère de l'autre) est numéro deux des ventes de singles en France avec près de 500.000 exemplaires écoulés. Puis elle triomphe à trois reprises à l'Olympia l'hiver dernier : "C'est la concrétisation d'un rêve d'enfant, pouvoir venir en France, m'exprimer ici, car j'ai toujours été influencée par la chanson française, c'est un cadeau pour moi de voir que le public français à commencé à m'apprivoiser" raconte la chanteuse. Un apprivoisement qui se chiffre à pas moins de 600.000 exemplaires de Mieux qu'ici bas vendus dans l'Hexagone.

Si l'aventure française d'Isabelle Boulay démarre en 1995, ce n'est qu'en 1999 qu'elle prend son envol, grâce à une chanson Je t'oublierai, composée par Richard Cocciante et Luc Plamondon. "Un cadeau que m'a fait Luc lorsque je suis partie de Starmania, où je jouais le rôle de Marie-Jeanne, la serveuse automate". Luc Plamondon qui là encore remplit à merveille son rôle de Pygmalion.

Les débuts

Mais le véritable découvreur d'Isabelle Boulay, c'est Joselito Michaud (nominé à l'ADISQ dans la catégorie meilleur manager), qui la suit depuis 13 ans, après l'avoir remarquée dans un concours de chant, où elle interprètait L'hymne à l'amour de Piaf. "Si chez moi, j'étais une interprète réaliste, mon manager a fait de moi une chanteuse populaire" assure sans discernement l'artiste. "A mes débuts, je chantaisJe ne regrette rien de Piaf avec une touche musicale "western", ce qui n'avait évidemment rien à voir". Et d'admettre que même si les Jean-Pierre Ferland, Gilles Vigneault, Diane Dufresne, le cajun Zachary Richard et autres Colocs l'ont influencée, c'est dans le répertoire de Ginette Renaud qu'elle puisait, avant d'avoir le sien.

En 1991, Isabelle Boulay gagne le festival international de la chanson de Granby pour son interprétation de "Amsterdam" de Jacques Brel. Le premier prix ? La première partie de Bill Deraime au théâtre Déjazet à Paris. Elle débarque l'année suivante pour la première fois en France, dans un petit hôtel de Ménilmontant, "ma chambre était grande comme un placard, mais j'avais lu que Piaf était née dans une rue pas loin et de me retrouver dans ce même quartier me touchait beaucoup".

Le meilleur des deux mondes

Si faire carrière en France est depuis toujours son rêve, la Boulay défend l'idée que tous les artistes québécois ne viennent pas systématiquement en France mais "ceux qui viennent sont ici parce que ce sont des chanteurs singuliers." "La volonté de venir en France, continue t'elle, nous habite depuis longtemps. Si les gens nous ouvrent leurs bras chez vous, c'est qu'il y a forcément de la place pour les chanteurs québécois". Serait-ce une réponse à ceux qui voient d'un mauvais œil l'arrivée sur le marché de tous ces chanteurs québécois à voix ? Il n'empêche que le succès des uns et des autres fait tâche d'huile. "J'ai le meilleur des deux mondes, l'effervescence parisienne et mon chez moi. Là-bas, c'est une autre dimension" aime à répéter la chanteuse.

Enfin, pour l'heure, ce qui compte pour Isabelle Boulay, c'est d'abord et surtout de se concentrer sur sa carrière : "Je suis déjà en quête de mon prochain répertoire, les chansons doivent constituer un univers commun". Un univers un chouia moins mièvre est peut-être ce qui fait défaut à Isabelle Boulay. Mais comme elle le dit si bien "Les choses qui nous sont nécessaires surgissent de l'intérieur".

Isabelle Boulay Mieux qu'ici bas (V2)

En tournée française :
le 2 novembre à Divonne, le 3 à Lausanne, le 6 au Havre, le 7 à Montrouge, le 8 à Thionville, le 13 à Tours, le 14 à Evry, le 16 à Besançon, le 17 à Avignon, le 20 à Saint-Etienne, le 21 à Marseille, le 22 à Montpellier, le 23 à Toulouse, le 27 à Rouen, le 29 à Charleroi en Belgique, le 30 à Liège, le 4 décembre à Massy, le 5 à Reims, le 6 à Strasbourg, le 7 à Roubaix.