Laurent Voulzy, inspiration brésilienne

Laurent Voulzy. © Rogério Van Krüger

Six ans après Lys & Love, trois seulement après son disque à deux voix avec Alain Souchon, l’acolyte de toujours, voilà Laurent Voulzy déjà de retour avec Belem. Un neuvième album studio comme une ode à la samba parsemée de clins d’œil à sa carrière, et où se révèlent ses premières amours musicales.

Exit la pop électro-moyenâgeuse expérimentée avec son prédécesseur, retour à l’acoustique et embarquement immédiat pour les rives de Rio avec Laurent Voulzy. Belem s’ouvre – et se refermera – sur le ressac de l’océan avec deux chansons d’adolescence encore jamais enregistrées auparavant : Timides, la première bossa-nova composée par le chanteur alors qu’il avait dix-sept ans, et Quand le soleil se couche, achevée finalement ici 50 ans après son esquisse initiale, grâce à la collaboration de David Mc Neil.

Fenêtres ouvertes sur le Brésil, entre deux souvenirs de jeunesse, Belem, qui donne son nom à l’album – et dont la racine du mot vient de Bethléem – évoque tour à tour, sous la plume d’Alain Souchon, la ville située à l’embouchure de l’Amazonie, le trois-mâts érigé pour la flotte des "Antillais" en 1896, la tour élevée sur les bords du Tage au XVIème siècle, et l’homophonique forêt de chênes de Bellême dans le Perche.

Un instrumental ponctué des percussions du roulis des vagues (toujours présentes) plus loin, Minha song of you se fait entendre en duo avec la Britannique Nina Miranda, dévoilant la version franco-brésilienne de My song of you, dont la mélodie fut composée à l’époque en hommage à Astrud Gilberto (The Girl from Ipanema, ndlr).

Suivra Amor Jujuba, duo 100% brésilien cette fois, en chœur avec Philippe Baden Powell (fils de), à qui l’album doit également l’une de ses impulsions inspiratrices. C’est en effet sur l’idée du pianiste que Laurent Voulzy a imaginé Spirit of samba, triptyque phare du disque (18 min au total), qui se délie comme Rockollection en son temps : aux guitares blues-rock de l’introduction succède en pointillés un panel des plus jolis airs de la musique brésilienne –  d’Antônio Carlos e Jocáfi à Chico Buarque, entre autres.

"Pour le cœur la samba, la samba, c’est bien / Et les gens malheureux le sont moins", chante l’éternel songeur face à l’immensité de l’océan, prolongeant notre fin d’été de ce parfum d’embruns feutrés dont il détient le secret.

Laurent Voulzy Belem (Columbia) 2017

Site officiel de Laurent Voulzy
Page Facebook de Laurent Voulzy