Barcella, l'éclairé

Barcella. © Michaël Boudot

Le chanteur Barcella qui sait faire monter la fièvre sur scène livre Soleil, un quatrième album aux mélodies ensoleillées et sautillantes. Une jolie porte ouverte pour toucher le grand public.

Il faut voir Barcella en pièce et sur place. Au cours de son second passage au Café de la Danse à Paris en avril dernier, il confirme son parti pris pour la proximité. Le trentenaire dégingandé agence son ballet, s'offre plusieurs incursions dans la foule, ondule sur son tabouret. Énergique, la dynamique. Plaisants, les morceaux. Ni creux ni temps mort. Même les ballades ont un panache fédérateur. Le public connait le répertoire sur le bout des croches.

Le chant, la musique, c'est l'engagement du corps. Barcella a tout digéré. Au point d'ailleurs que le spectateur fidèle de ses concerts pourrait lui reprocher le systématisme de sa théâtralité. Ce soir de la disparition de Jacques Higelin, on aurait aimé aussi qu'il bouscule sa set-list, remplace sa reprise de L'amour à la machine par Tombé du ciel. L'hommage avait du sens. La chanson était dans ses cordes. Rien de grave. Les sourires triomphaient à la sortie.

Son nouvel album s'appelle donc Soleil, comme un rejet affirmé contre l'obscurité du dehors. Barcella fait le plein d'air et de lumière. Une quête du rayon jaune qu'il applique à la majorité de ses refrains. Chansons chaleureuses, détendues, consolantes. Elles ont le mérite de la fraicheur et de l'immédiateté. Et les nerfs de tubes possibles : Passe-passe et sa rythmique saut de kangourou, la clarté mélodique des Chevaux sauvages, le radieux Soleil 2.0 et son échappée fanfare.

L’homme dispose d’un savoir-faire indéniable. N'est-ce pas lui aussi l'auteur du titre des Fréro Delavega Le chant des sirènes ? La production tend vers la variété. Mais une variété hautement recommandable. Barcella ne cherche pas à jouer les âmes maudites. Les images sont directes, parlantes, accessibles.

L'absence ou le constat d'un amour enfui sont contrebalancés par une humeur musicale allègre (Tatiana, Le silence est d'or). Le caméléon vocal Michael Gregorio lui offre une composition mélancolique (Je lève mon vers), Aldebert partage le micro sur Les gros mots. Un clin d’œil à l'enfance, autre terrain d'expression du garçon (plus d'une centaine de dates pour son spectacle jeune public Tournepouce). En clôture, un Maman à l'émotion simple et vibrante. Partageur jusqu'au bout, Barcella.

Barcella Soleil (Ulysse maison d’artistes /Sony Music) 2018

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