L’ode à la vie d’Yves Jamait

Le chanteur français Yves Jamait dévoile son 7e opus : "Mon totem". © Stéphane Lavoué

Avec Mon totem, le chanteur poète Yves Jamait livre un septième disque riche de poésie et nourri d’espoir : un album gonflé de mots et de vie. 
 

Sur ce disque intitulé Mon totem, son art, peut-être, se fait moins monochrome, davantage subtil, traversant des paysages hétéroclites. Sur du reggae, de la polka, de la musette, sa voix éraillée s’envole, ses paroles se posent, galvanisent : elles consolent l’âme. 

Le titre Mon totem contredit son farouche athéisme… Une absence de religion qui n’empêche pas l’espoir et la croyance – en des valeurs, en l’homme, en la vie, comme l’exprime, avec sa tonne d’espoir, le morceau inaugural, Je crois. "Je crois en ce qui vit, ici et maintenant/ et qu’après chaque nuit, il y a un jour naissant/ qu’au bout de tout hiver, éclate un printemps/ Qu’on a les pieds sur terre et les cheveux aux vents" chante-t-il. 

La violence, la rudesse de l’existence, Yves Jamait les combat par sa tendresse concrète et ses chansons d’amour (Si tu pouvais, Vivre avec toi, etc.), ses cris d’amitié (Pas les mots), son regard d’enfant plein de lumières sur le temps qui passe (Insomnies), sa divagation en zigzag sur les chemins de traverse (Qu’est-ce qui t’a pris ?), etc. 

Sur certains titres, il pousse des coups de gueule contre l’uniformisation et la mondialisation (Les mêmes), érige sa voix en rempart contre les violences faites aux femmes (Celles), et prend la plume contre la consommation et ces "menteurs grimés en banquiers" (Le Maillon). Surtout, dans ce beau disque, Jamait fait feu de tout mot et célèbre la poésie. Ainsi reprend-il des vers de Gaston Couté (Dans vos yeux), le marivaudage de Bernard Joyet (Je ne vous dirai pas) et cite Victor Hugo (Dès l’aube). 

Entre rage et tendresse, tragédie et humour, l’artiste jongle avec les mots, tel un clown triste, rugit et caresse, invente ses formules magiques : des "rides qui musardent", des "oiseaux qui bourgeonnent aux branches", des "squelettes d’enfance", et "la beauté des illusions qui nous bercent chaque seconde". De ce beau disque plein de soleil, ses chansons, à coup d’éclat de rire, à coup d’éclat de voix, s’offrent comme des prières, des vœux aux étoiles, des odes à la vie. Des totems. Des talismans. 

Yves Jamait Mon Totem (Wlab) 2018

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