Aux sources de Vanessa Paradis

"Les sources", le nouvel album de Vanessa Paradis. © DR

Avec son dernier opus sort Les Sources, Vanessa Paradis livre un disque pop et sans reliefs, un brin convenu.

Cinq ans après Love Songs, l’éternelle Lolita de la chanson française, 45 ans au compteur, revient avec son septième disque studio, Les Sources. Les années passent, les tubes défilent, les arrangements et la production collent à leur époque, mais la voix reste la même : mutine, gamine, toujours en équilibre risqué sur ce fil entre innocence et maniérisme.

En bref, du Vanessa Paradis. Et l’on ne sait plus, au final, si cela nous agace, si cela nous charme ou nous rassure. Sûrement les trois à la fois. Par ces "sources", la chanteuse paraît vouloir renouer avec les influences premières qui l’ont bercée : la pop, la soul. Pour la pop, le disque possède cette légèreté, cette évanescence, ces couleurs pastel. Pour la soul, on repassera – manquent le cœur, les tripes, les aspérités. Les sources s’ouvrent sur des chants d’oiseaux et le roulis des rivières. Sur toutes les pistes, la nature s’impose. Sur des tapis de cordes, des orchestrations (trop) léchées, des chœurs poppy et des airs sirupeux, on passe du givre de Kiev aux cuicas de Rio.

Il y a des climats dans ce disque, des paysages cinématographiques sur lesquels se posent les mots, sans poésie particulière, de Samuel Benchetrit, son époux, d’Adrien Gallo (BB Brunes) et du peintre, écrivain et musicien Fabio Viscogliosi.

De façon générale, dans ce disque, aucune mélodie ne fait mouche ni n’envoie ses sortilèges. Chaque chanson sonne comme une carte postale, un peu clinquante, un peu attendue. Dans ce disque voyageur, en forme de croisière de luxe, l’audace fait défaut, comme le grain de folie. Et l’ennui surfe sur la vague. Nonchalamment. Sans désagrément.

Vanessa Paradis Les Sources (Barclay) 2018

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