Justice, hommage aux femmes

Justice. © DR

Après 5 années de silence, le duo français Justice est de retour avec un peu d'amour et de disco dans ses instrumentations musclées. Un opus intitulé Woman et dédié à toutes les femmes de leur vie.

C'était il y a presque dix ans déjà, en 2007. Le duo hirsute en perfectos était apparu et avait connu un succès grand public avec D.A.N.C.E. et son chœur d'enfants. Mais Xavier de Rosnay et Gaspard Augé, 34 et 37 ans, ne sont pas des enfants de chœur : ils aiment les sons qui saturent façon heavy metal et les rythmiques massives. Leur premier album jouait cette carte maximaliste. Le second alignait les exercices de styles grandiloquents avec un attrait pour le rock progressif et le hard rock. De la musique virile, auraient pu dire certains. Le troisième album, Woman, est un hommage aux femmes qui les entourent.

L'élaboration de cet opus a encore une fois été pensée avec le souci du détail et des références musicales. Les deux Parisiens ont une solide culture musicale et ont passé un an et demi à peaufiner Woman dans leur home studio, installé dans le salon de Xavier, Porte de la Chapelle, dans le nord de Paris. Il surprendra un peu les fans de la première heure, sans totalement les dérouter : l'album est moins sombre, moins brutal que ses deux prédécesseurs. Les chœurs y sont omniprésents, comme les cordes du London Contemporary Orchestra. Les titres, chantés ou non, sont plus pop, presque joyeux. Le duo explique avoir voulu donner sa vision toute personnelle du gospel. Il y est même parfois question d'amour (Love S.O.S., Randy).

Les sonorités disco façon Giogio Moroder ou Larry Levan se mêlent aux instruments électroniques (Alakazam!, Fire…), des claviers rappellent ceux, euphoriques, de Supertramp. Justice n'est pas vraiment un groupe de musiques électroniques, mais un duo utilisant des instruments électroniques pour s'aventurer dans d'autres styles.

On devine une curiosité pour la chanson française des années 70, avec ses orchestrations élaborées, façon Michel Berger (Pleasure, et encore Love S.O.S., Randy). Si ce troisième album est moins sombre, moins agressif que les deux précédents, Justice n'en oublie pas ses morceaux coup de poing, qu'il qualifie de "prise d'otages", un peu désagréables et extrêmes, à l'image du titre bien nommé, Heavy Metal.

Justice Woman (Because Music) 2016
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