Tambour Battant détone

Tambour Battant. © Mr Mitri

Le duo marseillais Tambour Battant déploie dans sa musique toute sa connaissance des différents courants de la bass music et convie plusieurs voix sur son dernier album intitulé Dance All Night. Portrait de ces deux laborantins des rythmes.

Avec un nom pareil, on s'en serait douté, Benjamin et Nicolas ont été batteurs. Dans différents groupes de leur lycée d'Avignon dans le sud de la France au début des années 2000. Mais c'est autour d'un séquenceur acheté par Benjamin que les deux adolescents sympathisent en 2002 : ils commencent à expérimenter côté musique électronique.

Les deux garçons avaient pourtant des goûts plutôt rock. Benjamin cite Nirvana et Rage Against The Machine, Nicolas, écoutait Sonic Youth ou les Red Hot Chili Peppers, avant de connaître une révélation avec le premier album des Daft Punk, publié en 1997. Son père, trompettiste de jazz, l'avait mis derrière une batterie dès l'âge de 7 ans. Benjamin, lui, s'est perfectionné en percussions dans une école de musique juste après le bac.

Bass music  

Ce n'est pas tant le Festival d'Avignon qui attirait les deux lycéens que les sound systems reggae et dub qui essaimaient dans la région. Nicolas, alias Cobaa, se souvient : "Ces types qui branchaient des machines et des sampleurs en connexions Midi sur 20 kilowatts d'enceinte et qui jouaient pendant des heures me fascinaient. Mais le délire 'chien et camion' n'était pas notre truc."

Montés tous deux à Paris, les deux copains tentent de monter un live de musique électronique en 2004, quelques premiers disques signés Tambour Battant sortent en 2008, dont leur premier album.

Benjamin, alias Ben Stoker, explique : "Tambour Battant car nous sommes tous deux batteurs et pour signifier l'énergie de notre musique." Une musique orientée pistes de danse et très influencée par ce qu'on appelle aujourd'hui la bass music, terme générique regroupant le dubstep, le dancehall, la trap, parfois l'EDM ou encore la drum'n'bass.

En 2010, ils fondent une famille, musicalement parlant, puisqu'ils créent avec d'autres artistes de la région avignonnaise le label Château Bruyant, qui compte notamment The Unik, Niveau Zero ou parmi les petits derniers, Son of Kick, Sqwad ou Habstrakt, tous apparentés à la bass music. Plus d'une centaine de titres, entendus dans les clubs aux quatre coins de la planète.

Des voix

Leur nouvel album, Dance All Night, a été composé à Marseille, entre les deux home studios de Ben et Nicolas. Les voix, nombreuses, ont été enregistrées dans un studio parisien. Parmi les invités de cet opus, Taiwan MC, déjà présent sur le premier disque du duo, avait entre-temps collaboré avec les Marseillais de Chinese Man.

Pauline Diamond, une chanteuse française d'origine malgache, des rappeurs américains de Noble Society, ou encore le MC espagnol George Palmer ont aussi été conviés. Sans oublier General Levy, une grande voix du reggae, que le duo n'a pas rencontré, mais qui apparaîtra parfois à leurs côtés sur scène. "À la différence de singles pour les DJs, sur un album nous pouvons nous permettre des 'chansons dansantes'. Nous admirons beaucoup le travail de Diplo sur les voix et les rythmes" glisse Ben.

En concert, les deux beatmakers proposent un live percussif aux basses vrombissantes, qui a déjà conquis l'Amérique centrale, le Canada, l'Australie ou l'Allemagne. Comme le suggère la pochette tropicale et colorée conçue par le rappeur Grems pour leur album, la musique de tambour Battant orgne souvent du côté des sonorités sud-américaines ou jamaïcaines. Déhanchements et moiteur assurés.

Tambour Battant Dance All Night (X-Ray Production) 2017

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