Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Ces chers disparus (4 sur 4) : Prince

Prince au Madison Square Garden le 7 Février 2011 à New York City . © Kevin Mazur/WireImage

Tout le mois d’août, L’épopée des Musiques Noires propose une collection d’émissions consacrées aux grandes figures disparues en 2016.

La disparition brutale et inattendue de Prince Rogers Nelson le 21 avril 2016 à ému la planète toute entière. L'immense talent artistique du personnage l'avait hissé au rang d'icône universelle et de créateur unique. Bercé par les effluves jazz d'un papa pianiste et d'une maman chanteuse, Prince développera très vite une aptitude à la composition. Cette vertu lui donnera l'occasion de se distinguer singulièrement de ses contemporains. L'univers musical de Prince est riche, vaste, complexe, multiple... Parcourir sa discographie demande d'ailleurs une écoute attentive et presque savante.

Lorsqu'il débute sa carrière au cœur des années 70, Prince est encore perçu comme un jeune effronté que l'industrie du disque ne parvient pas à comprendre. Ses exigences et son aplomb font bondir ses interlocuteurs mais suscitent tout de même la curiosité. Et bien que son premier album, For You, soit un échec commercial, les décideurs de Warner se laissent, malgré tout, convaincre et accompagnent l'ascension promise de ce flamboyant trublion. Le pari est de taille mais le risque est calculé, et lorsque Prince parvient enfin à captiver son auditoire, au tournant des années 80, plus rien ne semble pouvoir le contraindre et freiner sa boulimie créative.

 

Prince au Forum Fabulous le 19 Février 1985 à Inglewood, en Californie. © Michael Ochs Archives/Getty Images

Le succès phénoménal de Purple Rain en 1984 légitime son influence majeure sur les musiques afro-américaines d'alors. Prince devient une personnalité, une référence, un modèle au même titre que les Miles Davis, Jimi Hendrix ou James Brown. Il saura d'ailleurs parfaitement cultiver cette aura mystérieuse en distillant ses traits de génie dans des productions très léchées et en mettant divinement en scène ses apparitions publiques. Assister à une prestation de Prince était toujours un événement. En club ou dans des stades, rien n'était laissé au hasard. La scénographie, les lumières, l'espace sonore, le choix du répertoire, la maîtrise vocale comme instrumentale, tout était pensé, réfléchi, étudié, planifié, même les fameuses jam-sessions que son altesse organisait, disait-on, au débotté dans un lieu tenu secret jusqu'à la dernière minute.

Conscient de l'évolution progressive du marché discographique, Prince avait pris les devants et s'amusait à contourner les rigidités du business musical en contrôlant intégralement le processus de commercialisation de ses œuvres. Cette intransigeance ne fut pas sans conséquence mais sa ténacité eut raison de ses détracteurs. Prince souhaitait rester maître de son patrimoine, et le demeura. Gageons que sa disparition n'intentera pas à cette ligne de conduite et que son intégrité testamentaire ne souffrira pas des assauts opportunistes de quelques vautours peu scrupuleux.

 

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, les proches du défunt ont annoncé « l'officiel concert hommage » le 13 octobre 2016 à Minneapolis sans en dévoiler la teneur exacte, comme pour conserver l'effet de surprise digne des célèbres saillies princières, et remettre à leur juste place les outrecuidantes révérences observées ces derniers mois aux 4 coins de la planète.

Prince était une exception dans L'épopée des Musiques Noires, doit le rester et le restera !

 

Prince le 19 Février 1985 à Inglewood, en Californie. © Michael Ochs Archives/Getty Images

 

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