Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Herbie Hancock

Le 22 juillet 2011, Irina Bokova, présidente de l’Unesco à Paris prenait une décision qui allait couronner la longue et prestigieuse épopée d’un multi-instrumentiste de génie, le fabuleux Herbie Hancock. Ce jour-là, le célèbre pianiste devenait ambassadeur de bonne volonté auprès de l’organisation des Nations-unies pour l’éducation, la science et la culture. Tout au long de sa brillante carrière, Herbie Hancock a recherché l’universalité.

Le 11 novembre 2013, la maison Sony saluait cet engagement citoyen en faisant paraître un coffret de 34 CDs survolant 15 ans de créativité musicale entre 1972 et 1987. Trop modeste pour reconnaître sa maîtrise parfaite de tous les répertoires, Jazz, Blues, Funk, Rock ou Classique, Herbie Hancock a, au fil des décennies, montré sa valeur à travers des albums d’un éclectisme prodigieux.

L’une des productions audacieuses du Maestro fut sans nul doute « Rock It » en 1983. Oser triturer le son à ce point, savoir accompagner les révolutions stylistiques, suppose une profonde clairvoyance de l’environnement culturel et une intégrité à toute épreuve. Lorsque l’on se plonge dans l’imposante discographie d’Herbie Hancock, la diversité des couleurs sonores saute aux oreilles, mais correspond toujours à un besoin viscéral d’exprimer une africanité assumée. 

En s’inspirant de la musicalité des Pygmées de Centrafrique, en intitulant l’une de ses compositions « La Maison de Gorée », en faisant appel au virtuose gambien de la kora, Foday Musa Suso, pour son album « Village Life » en 1984, en associant l’immense chanteuse malienne, Oumou Sangaré, à l’un de ses récents projets, Herbie Hancock a constamment replacé le continent africain au cœur de ses préoccupations artistiques.

Il a réussi l’exploit d’être crédible et adulé dans des univers très différents avec ce souci constant d’accompagner la jeune génération, comme le fit Miles Davis pour lui. Cependant, les années passent et les porteurs de la flamme sont aujourd’hui septuagénaires. Herbie Hancock aura 74 ans en 2014. La relève doit impérativement exercer son droit de suite en poussant encore plus loin les expérimentations de ses aînés et nourrir à son tour le patrimoine légué par les anciens.

http://www.herbiehancock.com

© Andrew Wallinski