Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Lucky Peterson

En décembre 2014, le bluesman américain Lucky Peterson aura 50 ans... Cette étape majeure dans la vie d'un artiste est aussi celle de l'introspection. Son nouvel album, «The Son of a Bluesman» (Jazz Village), est l'expression authentique d'un examen de conscience, celui d'un homme à la croisée des chemins.

Guitariste et organiste de grand talent, Lucky Peterson a débuté sa carrière dans le club de son père, le Governor's Inn à Buffalo (New York) où, dès son plus jeune âge, il partage la scène avec les grandes figures de l'époque, Buddy Guy, Junior Wells, James Cotton, Koko Taylor, Muddy Waters... C'est le célèbre contrebassiste et chef d'orchestre, Willie Dixon, qui lui mettra le pied à l'étrier en produisant son premier album. Lucky Peterson n'a alors que 5 ans !

 

Tout s'enchaîne alors très vite et le vertige de la notoriété juvénile égratigne progressivement la candeur de l'enfant prodige. Lucky Peterson croit en sa bonne étoile, mais l'Amérique des années 70 et 80 ne lui donne pas sa chance... Il piétine, s'impatiente, cultive bientôt une frustration tenace, improductive et néfaste. Il faudra attendre 1989 pour qu'une prestigieuse maison de disques, Alligator Records, daigne lui faire confiance et lui permette de s'exprimer pleinement...

 

© Jean-Marc Lubrano

15 albums plus tard, bringuebalé de labels en labels, Lucky Peterson semble enfin avoir trouvé la sortie de ce dédale discographique et existentiel ! Il n'hésite plus à dire ses tourments, à reconnaître ses erreurs. Il accepte son statut inconfortable de musicien trop tôt célébré. Il s'accommode de ce destin particulier et avance désormais pas à pas avec le secret espoir qu'un jour sa valeur réelle le hisse au rang de ses héros.
 
«I'm still here», clame-t-il dans l'une de ses dernières chansons... Ses nombreux fans à travers la planète n'en ont jamais douté, et le lui prouveront une fois de plus lors de son prochain passage en France: le 3 juillet 2014 au Théâtre de l'Odéon à Paris, le 6 juillet 2014 à Vienne (Festival Jazz à Vienne), le 26 juillet 2014 à Marseille (Festival Jazz des 5 continents), le 28 juillet 2014 à Marciac (Festival Jazz in Marciac) !
http://www.lucky-peterson.com/