Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Marcus Miller, l'Africain...

© Blue Note Records

Bassiste, producteur de Miles Davis durant les années 80, Marcus Miller est également connu pour ses nombreuses collaborations avec des artistes de tous horizons, de Claude Nougaro à Al Jarreau, de Herbie Hancock à Aretha Franklin, de Luther Vandross à Stanley Clarke, de Paul Simon à Eric Clapton… Au total, plus de 500 prestations en studio, sans oublier sa propre discographie qui compte une quinzaine d'enregistrements.

Sa dernière production s'intitule « Afrodeezia » (Blue Note Records) et, pour la première fois, fait largement appel aux traditions ancestrales africaines, mais aussi caribéennes et sud-américaines. Cette nouvelle étape dans l'épopée prodigieuse de Marcus Miller prend sa source en 2012 au Sénégal. Profondément ému par sa découverte de Dakar, et notamment par sa visite de l'île de Gorée, il prend alors conscience du lien indestructible qui unit les Afro-Américains à la terre de leurs ancêtres.

 
Depuis 2013, Marcus Miller est ambassadeur pour la paix auprès de l'Unesco, et porte-parole du projet « La Route de l'esclave ». Il s'est personnellement impliqué dans ce travail de mémoire et de transmission du patrimoine. Pour lui, la musique est désormais la clé d'une compréhension mutuelle et le reflet d'un voyage à travers le temps et l'espace.
 

© RFI/Joe Farmer
Ray Lema et Marcus Miller. A l'UNESCO - septembre 2014.

Outre son nouvel album, inspiré de rencontres avec des musiciens originaires du Mali, du Burkina Faso, du Brésil ou de Trinidad, Marcus Miller fait également l'objet d'un documentaire sobrement intitulé « Marcus », réalisé par Patrick Savey, qui nous permet de nous plonger dans l'histoire de ce bassiste virtuose, de son enfance à Brooklyn, New York, au tout début des années 60, jusqu'à son quotidien actuel sur les scènes internationales.
 
C'est en enregistrant l'album « Tutu » avec le trompettiste Miles Davis que Marcus Miller exprima pour la première fois en 1986 son attachement sincère pour le continent africain. Depuis, ses recherches et interrogations se sont affinées. Certains mystères des cultures musicales africaines ont été levés grâce à l'échange constant avec ses musiciens. Aujourd'hui, Marcus Miller est devenu le champion des croisements sonores, du métissage musical, de la fusion culturelle.
 

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Affiche du film «Marcus».

Qui aurait pu imaginer que ce bassiste qui arpentait les studios américains en compagnie des grandes figures de la Pop et de la Soul outre-Atlantique, devienne le défenseur des musiques traditionnelles africaines ? Et que s'est-il donc passé dans sa vie pour que progressivement sa conscience américaine évolue de la sorte ? La réponse se trouve certainement sur le titre « I Can't Breathe » qui fait écho au drame de New York quand Eric Garner, un citoyen américain noir, fut plaqué à terre sans ménagement et étouffé par des policiers blancs trop zélés. Soutenu par le rappeur Chuck D, Marcus Miller dévoile son état d'esprit face aux dérives de la société américaine, comme une réponse instinctive à la tragédie du racisme ordinaire.
 
Doit-on y voir une forme de militantisme ? Vous pourrez en juger, le 13 avril, à l'Olympia à Paris, et le 30 avril 2015 à l'Unesco dans le cadre de la Journée internationale du jazz initiée par son ami Herbie Hancock.
 
http://www.marcusmiller.com/
 
 

 

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