Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle !  Chaque semaine, L’épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du 20ème siècle : La Black Music !   A partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

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Le casse-tête de Ray Lema...

Ray Lema. © Olivier Hoffschir

En intitulant son nouvel album «Headbug» («prise de tête» en français), le pianiste congolais Ray Lema indique-t-il que sa musicalité empruntée au jazz tend vers l'intellectualisation d'un art majeur ? Il serait plutôt désobligeant de le croire tant cet impeccable instrumentiste milite pour une démocratisation du jazz et des musiques qui s'en rapprochent. «Headbug» n'est finalement que le reflet d'un sentiment furtif qui a accompagné l'écriture du titre éponyme de cet album enthousiasmant, dont l'humeur sonore apaise plus qu'il n'interroge...

Ray Lema et Irving Acao à RFI. © RFI/Joe Farmer

« Le jazz n’est pas un genre musical, c'est une attitude », cette définition empruntée à Miles Davis résume assez justement l’intention de Ray Lema : faire tomber les barrières de styles pour ne garder que la force d’expression d’un créateur, ouvrir sa virtuosité à d’autres cultures, d’autres couleurs sonores, d’autres émotions... En accueillant dans son quintet des musiciens de tous horizons, Ray Lema épouse le vœu de ses illustres prédécesseurs : donner au jazz une dimension internationale et populaire.

Pour cela, il s’est adjoint les services de talents indéniables issus de Cuba, du Cameroun, et de France... Une façon de rappeler que l’interprétation du jazz n’interdit pas une lecture cosmopolite. Irving Acao au saxo, Etienne Mbappé à la basse, Sylvain Gontard à la trompette et Nicolas Viccaro à la batterie apportent leur identité propre à des œuvres ciselées et exigeantes sans en altérer la fluidité et l’audace. Ray Lema affirme ainsi une fois de plus sa valeur de compositeur et de leader.

Bien qu’il s’en défende, sa direction d’orchestre, ses choix esthétiques, sa vision artistique rigoureuse, le hissent au rang des grandes figures de « L’épopée des Musiques Noires ». La camaraderie qui unit chacun des protagonistes de cette proposition discographique ambitieuse est le ciment de leur réussite. Ray Lema le sait et veille au bien-être de ses acolytes en suggérant plutôt qu’en imposant. C’est là la clé d’une entente cordiale et sincère ! A défaut d’être un « casse-tête », « Headbug » est peut-être un défi... Celui de susciter l’écoute et la curiosité, celui de porter un message d’ouverture à une époque où l’altruisme devient l’exception et le repli sur soi, tristement, la règle.

Ray Lema et Manu Dibango. © www.raylema.com

Il ne manquait plus que la participation exceptionnelle du célèbre Manu Dibango pour que l’engagement citoyen de ces cinq maestros trouve un écho dans le patrimoine noir ancestral et jouisse de l’aura symbolique et universaliste d’un incontestable référent.

Ray Lema et ses admirables comparses se produiront le 26 mai 2016 à la, tellement appropriée, Maison des cultures du monde dans le cadre du 16ème festival « Jazz à Saint-Germain-des-Prés » à Paris. Immanquable !

Le site de Ray Lema
Le site du Festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés à Paris

 

© Olivier Hoffschir

 

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