Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Au cœur des Caraïbes...

Anthony Joseph. © Mirabel White

Auteur, poète et interprète originaire de Trinidad, Anthony Joseph milite pour une reconnaissance universelle des cultures caribéennes. Depuis une vingtaine d’années, ses écrits dessinent les contours d’un engagement certain pour une revalorisation de l’histoire africaine dans le monde. Pour autant, la destinée spécifique de sa terre natale l’invite à nuancer son discours. De la Grenade aux Bahamas, une kyrielle d’identités territoriales, façonnées par différents épisodes de colonisations et de flux migratoires, ont nourri « L’épopée des Musiques Noires ». Cependant, réduire la force expressive de l’espace caraïbe à son ancestralité africaine serait ignorer l’influence d’autres continents et une aventure humaine séculaire.

En travaillant avec le célèbre percussionniste guadeloupéen Roger Raspail, Anthony Joseph a, une nouvelle fois, constaté la myriade de couleurs sonores issues des Caraïbes. Si certains rythmes semblent consolider le tronc commun des traditions régionales, 400 ans de coutumes locales ont légitimé la singularité des populations insulaires. Cette vérité historique fut la sève de Caribbean Roots. Sur cet album, Anthony Joseph ne cherche pas la fusion des richesses culturelles de la Caraïbe, il tente l’union de la diversité, l’addition harmonieuse de toutes ses composantes.

 

Anthony Joseph. © Mirabel White

S'agit-il d’un manifeste ? D’une diatribe politique ? Anthony Joseph s’en défend du bout des lèvres : « Je ne veux en aucun cas accepter l'uniformisation des cultures. Je ne veux pas faire partie d'une culture universelle voulue par des multinationales. Il est important de revendiquer nos histoires individuelles. Cela ne veut pas dire qu'il faut imposer sa culture au détriment des autres et clamer haut et fort sa différence. Non, je préfère partager ma culture et découvrir celle des autres. Je préfère découvrir le Gwoka ou l'Afrobeat plutôt que de rester sur mes acquis. Il est important de préserver une culture mais rien n'empêche le travail commun. On entend beaucoup ces jours-ci le mot «multiculturalisme», je préfère largement le terme «culture transversale». Essayons de nous comprendre et de nous connaître plutôt que d'avancer seul et séparément. Il faut protéger notre histoire individuelle car elle nous identifie mais il faut aussi savoir la partager. »

Homme de lettres primé et reconnu, notamment en Angleterre où il réside, Anthony Joseph combat les idées reçues et les préjugés des incultes. Sa musique n’est finalement qu’un vecteur de transmission de son expertise et de ses connaissances accessible à tous immédiatement. C’est le moyen d’affirmer ses convictions dans un monde globalisé où la pensée unique interdit les voix discordantes et les prises de positions tranchées. Sa liberté d’expression est une arme redoutable contre la bêtise humaine mais aussi, et surtout, une invitation au dialogue citoyen et responsable.

Anthony Joseph vous attend le 15 septembre 2016 au New Morning à Paris pour une célébration des trésors caribéens, comme une table ronde musicale, ouverte et généreuse, au cœur de son univers sonore et spirituel.

 

Anthony Joseph. © Mirabel White

 

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