Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle !  Chaque semaine, L’épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du 20ème siècle : La Black Music !   A partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

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Florilège 2016

Randy Weston en concert, le 04 juillet 2016 à Vienne (France). © Claire Gaillard/Jazz à Vienne

Tout au long de l’année, de nombreux musiciens et chanteurs nous ont conté leur destinée avec passion et enthousiasme. Certains nous ont rendu une petite visite en studio, d’autres ont préféré nous recevoir dans l’ambiance bouillonnante des festivals européens. Alors que nous basculons de 2016 à 2017, nous avons choisi de nous retourner sur quelques moments privilégiés, lorsque les artistes nous ont permis de les accompagner sur la route, dans les coulisses, au cœur de leurs univers de scène face aux publics de tous horizons. Nous avons ainsi pu nous plonger dans l’atmosphère vivifiante des tournées en compagnie des plus grands instrumentistes de notre temps.

Le 4 juillet dernier à Vienne, dans le Sud-Est de la France, le pianiste Randy Weston fêtait son 90ème anniversaire sur scène en accueillant de nombreux invités dont Cheick Tidiane Seck, Ablaye Cissoko, Mohamed Abozekry. Il prit également le temps de nous confier ses souvenirs de jeune homme noir, dans les années 60 aux États-Unis, quand le mouvement des droits civiques apportait une lueur d’espoir à une communauté opprimée.

L’intérêt d’aller converser avec les virtuoses en tournée, c’est aussi de pouvoir capter l’effervescence de leur prestation acclamée par des spectateurs ébahis. La chanteuse Angélique Kidjo a, notamment, conquis une foule d’admirateurs très enthousiastes le 10 juillet dernier à Montreux en Suisse. Il faut dire que cette grande dame avait convié quelques amies de longue date pour une nuit africaine de haute volée, le trio Teriba du Bénin, Lura du Cap-Vert, Dobet Gnahoré de Côte d’Ivoire ou encore Asa du Nigéria. Et non contente de proposer un show exceptionnel pour le 50e Montreux Jazz Festival, Angélique Kidjo a également présidé le concours de chant organisé par la « Montreux Jazz Artists Foundation ». L’occasion de recueillir les conseils d’une étoile de l’art vocal pour briller dans le feu des projecteurs.

 

Dobet Gnahoré, Asa, Angélique Kidjo et Lura, le 10 juillet 2016 à Montreux (Suisse). © Lionel Flusin/Montreux Jazz Festival

 

Le concert d'Angélique Kidjo à Montreux fut, sans nul doute, l'un des grands moments de cette année 2016, mais n’oublions pas pour autant les jeunes pousses. Le 7 juillet 2016, un fabuleux chanteur sud-africain, Vuyo Sotashe, illuminait les abords du lac Léman. Nous fûmes rapidement convaincus que ce talent précoce allait être l’une des grandes voix du XXIème siècle, et nous n’étions pas les seuls, puisque l’illustre Al Jarreau tenait à le seconder dans son développement artistique. Autant dire que Vuyo Sotashe était comblé et profondément ému à notre micro.

Un autre moment privilégié vécu en 2016 fut la conversation impromptue avec la pétillante Dee Dee Bridgewater qui tenait à nous présenter son nouveau chef d’orchestre, Irving Mayfield. C’était à Coutances, dans le Nord-Ouest de la France, le 4 mai dernier. Pourquoi cet échange radiophonique fut-il si particulier ? Parce qu’à l’issue de deux prestations successives, soit 4 heures de swing intense, au festival « Jazz sous les Pommiers », et en plein décalage horaire, puisque la dame arrivait de Washington où elle avait participé à la journée internationale du jazz à la Maison Blanche en présence du président américain, il eut été compréhensible que cette formidable « lady du jazz » choisisse de se reposer un peu. Et bien non ! Professionnelle et généreuse jusqu’au bout, Dee Dee Bridgewater accepta, la voix cassée, de nous faire part de ses impressions après avoir chanté à Coutances, et quelques heures plus tôt, chez Barack Obama... tout de même !

Tous ces instants uniques ont eu l’écho qu’ils méritaient sur nos ondes grâce à la confiance que nous ont accordée des personnalités éminentes de « L’épopée des Musiques Noires ». Gageons que 2017 nous apportera autant de bonheur et de ferveur partagés !

Très belle année à tous !

 

Dee Dee Bridgewater & Irving Mayfield, le 04 mai 2016 à Coutances (France). © RFI/Joe Farmer

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