Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Les classiques du jazz

Herbie Hancock. © Unesco

Depuis 2012, à l’initiative du pianiste américain Herbie Hancock, 190 pays, sous l’égide de l'Unesco, participent le 30 avril à la journée internationale du jazz. Ce rendez-vous, unique en son genre, invite les capitales du monde entier à se mobiliser et les musiciens à se réunir pour offrir au public des prestations sincères et authentiques. Encore faut-il, pour pouvoir apprécier le talent de tous ces instrumentistes, avoir quelques connaissances ou, tout au moins, quelques clés qui vous feront entrer plus facilement dans l’univers du jazz.

 

Billie Holiday et Coleman Hawkins. © Collection Franck Driggs

 

Les classiques d’hier apparaissent comme le moyen idéal pour tout amateur de belle musique de se plonger dans le patrimoine. Bien que les interprètes ne soient pas forcément les auteurs des standards d’antan, l'histoire du jazz est souvent ponctuée d'adaptations devenues célèbres. Lorsque Miles Davis immortalise Summertime en 1958, il popularise une œuvre majeure signée George Gershwin 25 ans plus tôt. Lorsque le trompettiste Roy Hargrove adapte Milestones en 1992, il perpétue une tradition bien ancrée dans l’épopée afro-américaine : l’hommage des nouveaux talents à leurs prédécesseurs. Tout n’est finalement que relecture... Le titre Body & Soul en est le meilleur exemple. Enregistré en 1939 par le saxophoniste Coleman Hawkins, il a résisté à l’érosion du temps grâce à l’interprétation continue de milliers de musiciens à travers la planète.

 

© Columbia Records

 

Le jeu, pour tous les fans de jazz, est de reconnaître un standard modifié, trituré, transformé, au fil des décennies, par des solistes plus ou moins créatifs. Lorsqu’en 1992, le guitariste Ronny Jordan s’amuse à reprendre So What, l’une des pièces maîtresses du répertoire de Miles Davis, créée à l’origine en 1959, certains puristes s’indignent de ce détournement acid-jazz jugé commercial et sans grande saveur. Pourtant, Miles Davis, lui-même, avait pris le risque de s’acoquiner avec des rappeurs à la fin de sa vie. Il savait qu'il dérangeait les traditionalistes, mais s’inscrivait dans le modèle historique du jazz, à savoir l'expérimentation et l'improvisation.

 

Louis Armstrong. © Library of Congress

 

Depuis 100 ans, les classiques du jazz traversent le temps, et portent indéfiniment le message de leurs auteurs quelles qu’en soient la forme, la musicalité, l’intention artistique. Le jazz est une musique matrice en constante évolution qui, n’en doutons pas, continuera à nourrir notre quotidien et les culture mondiales dans l’avenir...