Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, L’épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Durant le mois d’aout, « L’épopée des musiques noires » célèbre les grandes figures africaines d’hier et d’aujourd’hui… 

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Résistance sonore…

Bob Marley. © Getty images/Vincent McEvoy

La conséquence de la traite négrière et de l’esclavage des populations africaines, à travers les siècles, ne se résume pas à l’évocation de drames humains, décrits sommairement dans des livres d’histoire que l’on ne consulte plus. La conséquence de la soumission et de l’humiliation est un sentiment profond de déclassement citoyen toujours vivace aujourd'hui. Comment, dans ces conditions, parvenir à trouver l’épanouissement psychologique qui vous donnera la force de résister ?

Dans son dernier ouvrage collectif, Jeremie Kroubo Dagnini, chercheur au Centre d’Etudes Politiques et Contemporaines (CEPOC), s’interroge avec de nombreux autres esprits libres et éclairés (universitaires, sociologues, artistes…) sur la dimension revendicatrice et militante des musiques noires. Pourquoi les œuvres issues de la diaspora africaine dans le monde conservent-elles cet élan frondeur ? Comment reconnaître l’engagement d’un répertoire ? Quelle lecture faut-il avoir des différents styles musicaux hérités de traditions ancestrales ?

 

Roger Raspail à RFI. © Christian Rose

 

Que l’on parle de Blues, de Zouk, de Gwoka, de Maloya ou de Reggae, la contestation semble être le dénominateur commun du patrimoine noir à l’échelle planétaire. Cette forme de résistance sonore a nourri le paysage musical d’aujourd’hui. L’ignorer relèverait d’une indifférence coupable ou d’un déni de l’hybridation progressive des cultures mondiales. Le propos de Jeremie Kroubo Dagnini répond à une lettre ouverte du musicologue britannique Philip Tagg, paru dans la revue « Volume ! » en 2008, dont la teneur ouvrait à nouveau le débat de la créolisation des vocabulaires musicaux.
 
Comment dessiner les contours de « L’Epopée des Musiques Noires » ? L’apport des harmonies classiques européennes a-t-il magnifié ou altéré la sève africaine des origines ? « Musiques Noires : L’histoire d’une résistance sonore », (Ed. Camion Blanc) tente de répondre à ces questionnements légitimes en analysant, avec précision, les idiomes rythmiques et la cadence des mots des improvisateurs de notre temps. Que nous disent la samba, le merengue, la rumba, le calypso ?
 

Couverture «La Résistance sonore» de Jeremie Kroubo Dagnini, éditions Camion blanc. © RFI/Joe Farmer

 
Toutes ces formes d’expression ont instinctivement et viscéralement revendiqué une identité, un rôle social, une affirmation qui épousent le combat séculaire de leurs auteurs et/ou interprètes. C’est indéniable !
 
"L'histoire d'une résistance sonore", chez Camion blanc

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