Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, L’épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

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Jah, Jazz, Jamaïca !

Monty Alexander. © Joe Martinez

Lors de son concert à la Philharmonie de Paris, le 23 avril 2017, Monty Alexander a démontré que les racines métisses caribéennes permettaient toutes les audaces. Depuis plus de 50 ans, ce subtil pianiste porte le message de sa terre natale à travers un swing hybride qu’il revendique et préserve précieusement. Lorsqu’il quitte Kingston en 1961, la Jamaïque est encore sous domination britannique, le ska devient le principal vecteur d'expression des insoumis, la révolution reggae n’a pas encore jailli. À Miami, où il trouve refuge, Monty Alexander découvre le jazz américain, et même s’il se plonge avec délectation dans ce nouvel univers sonore, il n’en oublie pas pour autant ses origines culturelles, et veillera à faire rayonner cet héritage patrimonial dans chacune de ses prestations.

Le jeune mais brillant instrumentiste, qu’il est déjà, côtoie Frank Sinatra, Ray Brown, Dizzy Gillespie, et apprend à mâtiner son identité musicale originelle de couleurs jazz étincelantes. Cet harmonieux cocktail fera sa renommée. Adulé aux Etats-Unis, comme en Jamaïque, il épousera avec gourmandise cette double culture qu’il conjuguera au singulier. Son répertoire reflète alors son engagement profond pour le partage et l’ouverture. Il ressent l’impérieuse nécessité de défendre les valeurs artistiques de son île face au géant américain. Sa maîtrise parfaite de l’idiome jazz lui permet, de surcroît, de jouer avec les notes, les modes, les accents de la Jamaïque en pleine mutation sociale.
 

 

Monty Alexander en concert. © Picture Alliance

 

Au fil des années, son jeu s’affine et son regard multiculturel lui impose de multiplier les rencontres. Il s’illustre avec le même plaisir aux côtés d’Ernest Ranglin, Sly & Robbie, Herbie Hancock, Randy Weston. Il rend hommage à ses héros, Duke Ellington, Bob Marley, Tony Bennett. Les barrières de style ne l’effraient pas. Il est lui-même le fruit d’un brassage ethnique séculaire. La sève africaine de ses ancêtres continue de nourrir son expressivité multipolaire. Du calypso trinidadien au rocksteady jamaïcain, du blues américain ou envolées lyriques européennes, Monty Alexander a tout expérimenté, et sait combien le dialogue des cultures est un impératif à l’échange et à la compréhension mutuelle.

Monty Alexander au micro de Joe Farmer. © Christian Rose

Il a réaffirmé cette intime conviction, le 26 avril 2017, au Festival Jazz de Saint-Louis du Sénégal et le 23 avril 2017 à Paris où, à notre micro, il a redéfini les contours de son lumineux paysage afro-américano-caribéen. Monty Alexander reprendra son bâton de pèlerin de la note bleue au mois de mai 2017 en se rendant en Suisse, en Angleterre et dans les provinces de France. Ne le manquez pas !
 
Le site de Monty Alexander