Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, L’épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

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Oumou Sangaré

Oumou Sangaré, en concert à Rotterdam, Festival de Jazz, en 2012. © Getty images/Greetsia Tent/WireImage

Elle est une artiste au grand cœur, une femme engagée, un esprit libre, qui assume ses convictions et se fait entendre sur les scènes internationales. Son dernier album en date s’appelle Mogoya (Les gens d’aujourd’hui), car Oumou Sangaré attache beaucoup d'importance aux relations humaines. Dans ce monde en pleine ébullition, certaines valeurs deviennent essentielles. Les dérives de la planète, le manque de respect, les attitudes belliqueuses ont suscité ce nouveau disque comme une réaction de défense et un appel à la paix.

Faire entendre un message positif face aux comportements néfastes qui pullulent est une gageure. Chaque titre de cette nouvelle production porte donc un message d'apaisement. Djoukourou (Le soutien), Mali Nialé (Le Mali est beau) invitent à changer l'état d'esprit de ceux qui écoutent avec ferveur cette voix magistrale toujours prête à toucher le cœur des gens. Les bouleversements de la société malienne, ces dernières années, ont renforcé la détermination d’Oumou Sangaré. Elle veut, plus que jamais, jouer un rôle social et citoyen. Ambassadrice de bonne volonté auprès de la FAO (organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), l’étoile du Wassoulou entend continuer à conjuguer son engagement artistique et son statut de militante. 

 

Oumou Sangaré à RFI. © RFI

 

Certes, gagner la respectabilité de ses contemporains n'est pas chose aisée, et même si la chanson Bena Bena (L’ingratitude) laisse poindre l’amertume d’une femme blessée par les critiques de ses détracteurs, Oumou Sangaré reste combative et inflexible. Sa force de caractère s’est exprimée, dès son plus jeune âge. Elle n'aurait pourtant jamais imaginé devenir une artiste reconnue. C’est en 1988 avec le succès de Moussolou qu’Oumou Sangaré se révèle au monde. Depuis le début des années 90 jusqu'à aujourd'hui, elle brille dans le feu des projecteurs. De Tokyo au Japon à Essaouira au Maroc, elle se produit sur toutes les scènes, et voit le monde changer devant ses yeux.
 

Oumou Sangaré en studio à RFI. © RFI/Joe Farmer

Plus bienveillante encore, elle se retourne désormais sur un passé glorieux durant lequel elle s’est illustrée aux côtés des plus grands, de Herbie Hancock à Trilok Gurtu, de Dee Dee Bridgewater à Alicia Keys… Il paraissait logique, qu’à son tour, elle tende la main à d’autres personnalités d’envergure internationale comme le batteur nigérian Tony Allen qui parvient à magnifier Yere Faga, l’un des titres poignants de Mogoya.
 
Oumou Sangaré se produira à de nombreuses reprises en Europe, ces prochaines semaines, notamment à Londres, Paris (27 juin 2017), Bruxelles, mais aussi à Sète ou encore Coutances… Ne la manquez pas !
 
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