Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Big James, le souffle du Chicago Blues

Big James. © Christopher Jacobs

Né le 4 novembre 1961 à Natchez (Mississippi), Big James Montgomery s’est très tôt illustré comme tromboniste de Blues. C’est principalement à Chicago qu’il connaîtra son heure de gloire. Dans la capitale du Blues électrique, il est repéré par les plus grands instrumentistes d’alors, Little Milton, Albert King, Buddy Guy, pour ne citer qu’eux. Lorsqu’il débute sa propre carrière, à la fin des années 90, il a déjà une solide réputation de virtuose, capable de jouer le Blues, la Soul ou le Funk avec la même aisance. Big James commence alors à susciter l’intérêt de labels en vogue qui lui offrent l’opportunité d’enregistrer plusieurs albums, dont certains seront primés jusqu’en France puisqu’il recevra le Prix Blues de l’Académie du Jazz en 2008.

Subjugué, gamin, par la prestance de l’incroyable James Brown sur scène, il remarque surtout la section de cuivres composée à cette époque de Maceo Parker, Pee Wee Ellis et… Fred Wesley. Cette grande figure du funk impressionne le jeune Big James qui se cherche encore un instrument de prédilection. Progressivement, l’idée de former son propre groupe germe dans son esprit vif de jeune tromboniste en devenir. Personne ne le connaît encore, et il sait qu’il doit faire ses preuves aux côtés de ses aînés. Au contact des meilleurs représentants du Chicago Blues, Big James développe une identité sonore bien spécifique. Il ne veut pas se contenter de jouer une musique victimaire, lancinante et prévisible. Il vit avec son temps et entend refléter dans son répertoire toutes les nuances de « L’épopée des Musiques Noires ».

 

Big James en concert. © Boom Boom Productions

 

Lorsqu’il se produit sous son nom, pour la première fois, en France à l’hiver 2002, les quelques spectateurs qui l’applaudissent au Jazz club Lionel Hampton à Paris, ne savent pas grand-chose de ce corpulent tromboniste américain, du nom de Big James. 6 ans plus tard, ses prestations européennes feront l’unanimité ! Honoré en France, Big James avait envisagé de déménager sur le vieux continent, mais quitter ses racines et ses proches est un sacrifice encore trop douloureux pour ce musicien profondément américain qui regarde cependant avec circonspection l’évolution politique et sociale de son pays natal.

 

Big James, le 5 mai 2017 à Paris. © RFI/Joe Farmer

 

Si l’Amérique de Donald Trump ne satisfait pas Big James, il compense son désarroi en se félicitant de pouvoir vivre de sa passion. Depuis bientôt 40 ans, il parcourt le monde, son trombone à la main, avec la ferme intention de donner du plaisir à tous ceux qu’il croise sur sa route. Son rêve secret : Enseigner ! Insuffler aux plus jeunes le goût de jouer et de connaître l’histoire de cette musique qui lui a donné tant de joie ! En attendant un nouvel album avant la fin de l’année 2017, ne manquez pas Big James sur les scènes internationales, la tonalité blufunk de son trombone devrait vous ensorceler.