Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, L’épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

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Entrons dans la transe…

Hindi Zahra et les Gnaouas du Maroc, le 27 mars 2017 à Paris au Bataclan. © Zakaria Latouri

Le 27 mars 2017, au Bataclan à Paris, le Festival « Gnaoua et Musiques du Monde » proposait, en prélude à son 20ème anniversaire, un concert vibrant dont l'évident symbole de défiance à tout obscurantisme annonçait une soirée émouvante, généreuse et ensorcelante. La veille, le 26 mars, les Gnaouas du Maroc, dirigés par le batteur Karim Ziad, affinaient leur prestation dans un studio parisien. La force expressive et spirituelle animait alors ces vaillants musiciens profondément habités par un patrimoine, dont ils respectent les valeurs séculaires avec rigueur et chaleur. Ces dignes héritiers de la tradition orale subsaharienne sont les gardiens du savoir. Ils portent en eux, de génération en génération, une part de l’ancestralité africaine.

Ressentir la vibration de l'histoire à travers une musique impalpable, mais parfaitement maîtrisée est une expérience unique et fascinante. Un simple auditeur, incapable de décrypter le savoir-faire technique de ces artisans du son, ne peut que se laisser envahir par la frénésie de ces rythmes que les Gnaouas ont su préserver depuis les temps anciens. L'exigence de cet art majeur soutient le poids d'un héritage imposant. L'idée des organisateurs du festival est de croiser les cultures, de provoquer le dialogue entre les peuples. Cette intention louable est devenue un engagement citoyen qui s'inscrit dans la culture gnaoui.

 

Le final du concert du Bataclan en prélude au 20ème anniversaire du Festival «Gnaoua et Musiques du Monde». © Zakaria Latouri

 

Passé l'effet de surprise lorsque l'on découvre la sensation de transe que procure la musicalité Gnaoua, on s'intéresse à ce rythme si particulier qui semble avoir résisté, malgré les échanges interculturels, à l’érosion du temps. À l'écoute des circonvolutions métisses de la planète, le festival « Gnaoua et Musiques du Monde » accueille de nombreux virtuoses dont le vocabulaire musical, pourtant bien identifié, semble se fondre dans la fusion irrésistible des Mâalems du Maroc. Le 27 mai 2017, au Bataclan, un acte de foi et de résistance, tel que le présentait Neila Tazi Abdi (productrice du Festival), captivait un public tout couleur, uni par un désir sain de tolérance, de bienveillance et d'humanité.

Hindi Zahra répète sa prestation en studio avec les Gnaouas, le 26 mars 2017 à Paris. © Zakaria Latouri

Du 29 juin au 1er juillet 2017, à Essaouira au Maroc, les festivités du 20ème anniversaire se poursuivront avec des invités de marque: Lucky Peterson, Carlinhos Brown, Ray Lema, Ismaël Lô, Jean-Philippe Rykiel, etc. À quelques jours de cet événement œcuménique, c’est dans les coulisses des préparatifs que notre micro a capté l’effervescence joyeuse d'instrumentistes valeureux et d’hommes de paix !

Le site du Festival Gnaoua

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