Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Multicolore Blues…

© Universal Records

Le 8 juin 2017, au Mona Bismarck American Center à Paris, la chanteuse Ruthie Foster donnait un concert, seule à la guitare, dans le cadre du "Paris - New York Heritage Festival". Elle présentait alors son nouvel album Joy comes back, dont l’humeur chaleureuse transmet une parole positive et bienveillante. Originaire de Gause, une petite ville du Texas, Ruthie Foster a grandi dans un esprit d’ouverture et de tolérance. Bien que sa terre natale soit connue pour avoir abrité la culture country blanche sudiste, elle tempère cette image stéréotypée en réaffirmant la place du blues, du gospel et de la Soul-Music dans son répertoire.

Au-delà de son attitude naturellement généreuse, Ruthie Foster a de bonnes raisons de cultiver cet altruisme qui l’anime. Elle est une maman attentive aux évolutions du monde et au bien-être de sa fille métisse. Devant les défis que devra surmonter l’Amérique de Donald Trump, elle reste confiante. Malgré les revers, les obstacles, les inquiétudes et les doutes, Ruthie Foster veut s’épanouir en proposant une musicalité multicolore et accueillante.

 

Ruthie Foster, le 8 juin 2017, au Mona Bismarck American Center à Paris. © RFI/Joe Farmer

Son homologue, le guitariste et harmoniciste, Kenny Neal, sait plus que tout autre marier les cultures. Originaire de La Nouvelle-Orléans, capitale mulâtre par excellence, il mâtine son blues de sonorités échappées des entrailles de l’histoire afro-européenne. Au contact de ses aînés, d’abord son père, Raful Neal, mais aussi de B.B King, Muddy Waters, Aaron Neville, John Lee Hooker ou Buddy Guy, il a progressivement donné de l’éclat à sa tonalité polyglotte.

Lors de ces nombreux voyages sur le continent africain (Ouganda, Kenya, Érythrée, Madagascar, Rwanda), Kenny Neal a, chaque fois, ressenti la force expressive du peuple noir auquel il s’identifie presque naturellement, mais il n’oublie pas, pour autant, ses racines louisianaises et les échos d’une langue française toujours présente. Il n’est pas rare que les mots de Molière surgissent dans son vocabulaire fleuri. Récemment nominé à la cérémonie des Grammy Awards à Los Angeles pour son dernier album, Bloodline, Kenny Neal martèle son discours humaniste et universaliste, à l’image de la ville qui l’a vu naître.

 

Kenny Neal en studio à RFI. © RFI/Joe Farmer

 

Après ses brillantes prestations livrées récemment au Jazz Club Étoile à Paris, le troubadour reprend la route des festivals. Il se produira notamment en France, à Cognac, Vienne, Bordeaux, Cahors, durant le mois de juillet 2017. Ne manquez pas le feu d’artifice blues de cet artisan valeureux !

Le site de Ruthie Foster

Le site du PNYH Festival

Le site de Kenny Neal

Le site du Festival Blues passions

Le site de Jazz à Vienne

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