Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, L’épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

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John Coltrane, 50 ans après...

John Coltrane. © Chuck Stewart/Impulse

Disparu le 17 juillet 1967 à seulement 40 ans, le saxophoniste John Coltrane a bousculé l’art du jazz en instillant, au fil de sa courte épopée, une spiritualité musicale dont la force expressive continue de susciter les commentaires des historiens, l’admiration des amateurs de swing sauvage et le respect de ses héritiers, proclamés ou avérés. Il est, en effet, toujours périlleux de décréter que tel ou tel artiste insuffle avec révérence une tonalité inspirée d’un grand aîné. Pourtant, le 3 juillet 2017 à Vienne (Sud-Est de la France), plusieurs instrumentistes parvinrent à revitaliser l’esprit libre du regretté John Coltrane.

Tout avait été méticuleusement planifié par les équipes du Festival « Jazz à Vienne » pour que la soirée soit digne et vibrante. Le journaliste, historien et producteur américain, Ashley Kahn, avait fait le déplacement depuis les États-Unis pour assister à l’événement et apporter sa contribution de biographe, à cette date symbolique. Auteur d’un ouvrage de référence, « A Love Supreme : The Story of John Coltrane’s Signature Album », il prit le temps de témoigner, analyser, observer et commenter l’œuvre unique du plus insondable virtuose du XXème siècle.

 

Ashley Kahn, le 3 juillet 2017 à Vienne (France). © RFI/Joe Farmer

 

C’est cependant à l’écoute des contemporains de John Coltrane que son aura s'est révélée. Entendre le saxophoniste Archie Shepp (80 ans) saluer, sur scène, la mémoire de son aîné avec une telle déférence juvénile nous indiquait instantanément la valeur de l’hommage. Recueillir ses mots emprunts d’une fascination non feinte pour un génial créateur confirmait le statut, parfois jugé pompeux, de « légende du jazz ». Et que dire de l’interprétation majestueuse des œuvres de John Coltrane ? Entouré de jeunes virtuoses conscients du poids patrimonial d’un tel exercice, Archie Shepp a livré sa vision d’un répertoire exigeant, rebelle et toujours profondément vivace.

 

Archie Shepp au Théâtre antique de Vienne, le 3 juillet 2017. © Renaud Alouche

 

Son homologue, le saxophoniste Pharoah Sanders (76 ans), apporta également cette touche d’insoumission à travers de longues improvisations parfaitement maîtrisées. Voir alors Archie Shepp et Pharoah Sanders se croiser dans les coulisses figeait le temps, l’espace d’un instant. Deux maestros semblaient partager les mêmes sentiments au moment où chacun d’eux, sans se le dire, avaient forcément une pensée pour celui qui avait guidé leurs pas : John Coltrane !

Plus tard, dans la nuit, avait lieu la transmission de la flamme, lors de la prestation incandescente du jeune saxophoniste britannique Shabaka Hutchings (33 ans), dont les envolées lyriques nous rappelaient insidieusement que le souffle de John Coltrane donne toujours de l’élan aux innovateurs intrépides, un demi-siècle plus tard…

 

Pharoah Sanders au Théâtre antique de Vienne, le 3 juillet 2017. © Jules Azelie

 

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