Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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En quête d’Afrique…

Taj Mahal, le 11 juillet 2017 à Montreux. © FFJM 2017 - Daniel Balmat

Il y a 50 ans, un mouvement américain insufflé par la communauté noire appelait à un retour sur la terre nourricière, l’Afrique, dans le but d’y retrouver les racines tangibles d’une identité bafouée par des siècles d’esclavage. Ce besoin irrépressible de connaître ses origines continue aujourd’hui de tarauder l’esprit de nombreux musiciens, conscients d’être les gardiens d’un héritage culturel indéniable. Un demi-siècle après cet appel à un pèlerinage africain, l’élan est encore vivace et déterminé. Certes, il ne s’agit plus seulement de faire le grand voyage, il s’agit de revendiquer son appartenance à une lignée d’hommes et de femmes qui, par millions, façonnèrent, souvent dans la douleur, « L’épopée des Musiques Noires ».

Le 11 juillet 2017 à Montreux en Suisse, deux artisans du blues américain réaffirmaient leur attachement à l’histoire ancestrale de la diaspora noire. Taj Mahal (75 ans) et son cadet Keb Mo (65 ans) ont délivré un message musical profondément enraciné dans l’âme noire. Utiles et pertinents, leurs mots et leurs notes ont donné du sens à leur joyeuse prestation, véritable célébration de la vitalité artistique du peuple noir. Bien que ces deux personnages n’aient pas vécu dans le même environnement social, l’un à Harlem, l’autre à Los Angeles, leur dialogue sonore les rapproche, et leurs mélodies se confondent, comme si la source africaine les unit à jamais.

 

Keb Mo, le 11 juillet 2017 à Montreux. © FFJM 2017 - Daniel Balmat

 

Le 13 juillet 2017, toujours à Montreux en Suisse, un autre brillant instrumentiste démontrait que les richesses du continent africain pouvaient parfois se révéler, à travers la spiritualité d’un art et la maîtrise d’un idiome rythmique et harmonique. Shabaka Hutchings, saxophoniste britannique, élevé à la Barbade, jouit déjà d’une solide réputation de créateur intrépide. Ses nombreux projets reflètent son désir de jouer avec les ornementations métisses de l’Afrique contemporaine. Son groupe actuel, The Ancestors, composé de musiciens sud-africains, revitalise le patrimoine avec la force d’un engagement citoyen ancré dans le XXIème siècle. Ses convictions de jeune trentenaire éclairé épousent le passé, le présent et le futur dans un tourbillon d’harmonies jazz que ne renieraient pas ses illustres aînés, John Coltrane, Pharoah Sanders ou Archie Shepp.

 

Shabaka Hutchings, le 13 juillet 2017 à Montreux. © FFJM 2017 - Marc Ducrest

 

Le Montreux Jazz Festival naquit en 1967. Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, la communauté noire inventait le slogan « Go back to Africa ». Peut-être, Claude Nobs, le regretté fondateur du Festival, avait-il déjà en tête l’idée de faire tomber les barrières raciales en invitant les figures majeures de l’Amérique noire à venir célébrer en musique la diversité de leurs cultures. 50 ans ont passé et, c’est là, sur les bords du lac Léman que, finalement, l’effervescence africaine s’est le mieux exprimée à travers les représentations, les conversations, les dialogues, les échanges intergénérationnels. Belle leçon d’ouverture et d’universalisme.

Le Festival de Jazz de Montreux

Le site de Taj Mahal & Keb' Mo'

Le site de Shabaka Hutchings