Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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À la mémoire de Fela !

Fela Kuti le 7 novembre 1986 à Détroit, Michigan. © Leni Sinclair /Michael Ochs Archives

Il y a 20 ans, le 02 août 1997, un artiste insoumis, un panafricanisme convaincu, un rebelle flamboyant disparaissait à l’âge de 58 ans. Il s’appelait Fela Anikulapo Kuti et avait résisté tout au long de sa vie à l’oppression des autorités nigérianes. Il refusait toute contrainte, fut-elle politique, sociale ou artistique. Son tempérament fougueux et ses convictions tranchées continuent de susciter l’admiration de ses nombreux fans à travers la planète. Les hommages sont toujours révérencieux à l’égard de cet homme courageux dont les vigoureuses prestations sont entrées dans « L’épopée des musiques noires ».

Le 29 juillet 2017, le Festival « Marseille Jazz des 5 Continents » accueillait, en guise de bouquet final de sa 18eme édition, le plus jeune fils de Fela, Seun Kuti, qui dirige aujourd’hui l’orchestre de son père, Egypt 80. Bientôt rejoint par le vibraphoniste Roy Ayers (76 ans), et le batteur Tony Allen (77 ans), deux anciens partenaires de Fela, le bouillonnant Seun Kuti a proposé une relecture de « Africa : Centre of the World », l’un des titres phares de l’album « Music of Many Colors » de Fela, paru en 1980.

Présenté initialement à Central Park à New York dans le cadre du Paris-New York Heritage Festival 2017, cette création unique a conquis le public marseillais. Les clameurs de la foule ont dignement salué la mémoire du « Black President » dont l’esprit semblait planer au dessus de cette soirée exceptionnelle.

Plus tôt dans l’après-midi, les deux principaux protagonistes de cet événement de taille partageaient leur sentiment et se souvenaient des péripéties, frasques et engagements d’une icône afro-planétaire légendaire…

 

Seun Kuti © Johann Sautey

 

Seun Kuti : «La meilleure chose que l'on puisse retenir de Fela, c'est sa contribution à l'humanité toute entière. C'est son héritage le plus parlant. La musique n'est pas importante, c'est ce qu'elle dit qui l'est. J'espère qu'on se souviendra aussi de son groupe « Egypt 80 » que je dirige aujourd'hui.»

 

Roy Ayers au micro de RFI à Marseille, le 29 juillet 2017. © Joe Farmer

 

Roy Ayers : «Le message que transmettait Fela était unique. Je suis tellement triste qu'il nous ait quittés. C'était tellement enthousiasmant de côtoyer Fela Kuti. Son propos était tellement fort qu'il m'a ouvert les yeux et m'a incité à m'investir davantage dans la musique. Il y avait de surcroît d'excellents musiciens dans son orchestre. Nous devrions nous souvenir qu'il était un homme de paix, un frère pour nombre d'entre nous. Et, à une époque où la confusion règne encore, où la corruption pollue les relations humaines, il est de bon ton de réécouter le discours de Fela car nous courons à notre perte. Il me manque aujourd’hui…»

http://fela.net