Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Latino Bona !

Richard Bona. © Rebecca Meek

Depuis 1999, Richard Bona développe une musicalité d’une rare finesse… Cette identité singulière a d’ailleurs séduit les plus grands noms de "L’épopée des Musiques Noires", de Harry Belafonte à Quincy Jones. Ce dernier ne tarit pas d’éloges à son égard, et lui a même offert ses services pour accompagner la sortie de l’album Heritage, paru en 2016. Il faut dire que, de longue date, notre vaillant bassiste camerounais cultive son éclectisme, et s’amuse à colorer son répertoire d’ornementations musicales savoureuses qui le distinguent de ses homologues instrumentistes.

Dès la sortie de son premier album, Scenes from my life, il y a plus de 15 ans, Richard Bona a marqué sa différence en conjuguant son talent de mélodiste à celui d’interprète. Nul doute que ses nombreux voyages à travers la planète ont, depuis, renforcé son désir d’ouverture et son goût pour les échanges interculturels. Si sa rencontre avec l’univers cubain n’est pas récente (déjà en 2006, sur l’album Tiki, l’intonation latine transpirait dans ses compositions), les rythmes caribéens semblent inspirer l’écriture de ce virtuose de plus en plus sollicité.

 

Richard Bona. © Rebecca Meek

 

Il suffit de mentionner quelques-unes des célébrités ayant succombé aux harmonies chatoyantes de Monsieur Bona pour prendre conscience de la valeur du musicien. George Benson, Stevie Wonder, Joe Zawinul, Salif Keïta, Manu Dibango, Mike Stern, entre autres, ont rapidement décelé le potentiel du personnage. Cette liste de collaborations prestigieuses ne doit pas, pour autant, occulter la propre carrière de ce héros africain qui a su garder la tête froide, malgré les louanges et les lauriers. Consciencieusement, il façonne sa destinée en se jouant des genres et des catégories. Jazz, Blues, Afro, Latino, Flamenco, les classifications l’indisposent. Richard Bona préfère dialoguer respectueusement avec ses contemporains sans se soucier des étiquettes imposées par le marketing.

C’est la raison pour laquelle Heritage, son dernier album en date, n’a d’autre ambition que d’unir deux régions du monde que la géographie éloigne, mais que l’histoire rapproche. Fruits d’un effroyable et interminable épisode d’oppression, l’espace Caraïbe et le continent africain resteront intimement liés par l’expression instinctive d’un idiome sonore ancestral. C’est ce patrimoine commun qui nourrit actuellement les envolées latino-lumineuses de Richard Bona.

 

Richard Bona. © Rebecca Meek

 

Nous en aurons une nouvelle démonstration, le 2 septembre 2017, au Festival "Jazz à la Villette" à Paris.

Le site de Richard Bona
Le site du Festival Jazz à la Villette