Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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L’esprit de Joe Zawinul

Joe Zawinul, dans son studio à Malibu, en 2002. © Ken Hively/Los Angeles Times via Getty Images

Si le titre Birdland fut sans nul doute le plus emblématique d’une ère jazz durant laquelle la fusion des genres était le maître mot, il serait injuste de réduire la destinée de son auteur, à cette mélodie devenue un classique. Le pianiste autrichien Joe Zawinul fut, en effet, un pianiste et compositeur majeur dont l’inventivité et la hardiesse ont bousculé « L’épopée des Musiques Noires ». Partenaire de Miles Davis à la fin des années 60, fondateur avec Wayne Shorter du groupe Weather Report dans les années 70, créateur du Zawinul Syndicate au milieu des années 80, instrumentiste virtuose, Joe Zawinul nous quittait il y a 10 ans, le 11 septembre 2007.

Le 28 juillet 2017, lors de la 18ème édition du Marseille Jazz des Cinq Continents, dans le sud de la France, quelques-uns de ses anciens accompagnateurs et amis décidèrent de revitaliser sur scène le répertoire de ce touche-à-tout de génie, dont l’amour pour les cultures africaines l’avait conduit à recruter des musiciens émérites capables de magnifier son élan afro-planétaire. C’est ainsi que Richard Bona, Etienne Mbappé, Cheick Tidiane Seck, Salif Keïta, entre autres, trouvèrent en Joe Zawinul le compagnon idéal pour faire valoir la force expressive du continent africain.

 

Aziz Sahmaoui, Paco Sery, Mino Cinelu, Linley Marthe à Marseille, le 28 juillet 2017. © RFI/Joe Farmer

 

Parmi les colistiers du regretté chef d’orchestre, il y eut aussi Mino Cinelu, Paco Sery, Linley Marthe et Aziz Sahmaoui qui se sont livrés tout l’été 2017 à une expérience inédite : saluer en musique la mémoire de leur parrain. Ce projet conçu par deux musiciens français, Vincent Peirani et Émile Parisien, intitulé « File Under Zawinul », a ranimé avec déférence la flamme universaliste d’un grand personnage, dont le patrimoine musical résistera indubitablement à l’érosion du temps.

L’hommage révérencieux de tous ces musiciens aguerris marque le 10ème anniversaire de la disparition, à 75 ans, d’un Africain de cœur, d’un esprit libre, d’un artisan métisse. Ses enfants du Jazz ne l’oublient pas, le célèbrent et prolongent son œuvre au-delà du souvenir.

 

Émile Parisien et Vincent Peirani, concepteurs du projet "File Under Zawinul". © Anteprima Productions

 

Le site de Joe Zawinul

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