Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, L’épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

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Lumineuse Dianne Reeves…

Dianne Reeves au Festival "Jazz in Marciac", août 2016. © Odasan Macovich/UNIVERSAL

La plus africaine des chanteuses américaines actuelles n’est jamais aussi expressive que lorsqu’elle se produit sur les scènes internationales. Son dernier album en date, Light up the night, enregistré au festival "Jazz in Marciac", dans le sud-ouest de la France, en août 2016, en est une preuve irréfutable. La virtuosité et la tessiture de sa voix nous font instantanément frissonner mais, au-delà des prouesses de cette reine de l’art vocal, c’est son engagement qui impressionne. Ses mots sont des leçons de vie qui appellent à la tolérance et à la justice.

Il y a une raison à cela… Dianne Reeves était une gamine durant la révolution sociale afro-américaine des années 60. Cette période tendue a forcément eu un impact sur son développement personnel, ses choix artistiques et sa détermination à transmettre une parole positive. Ses convictions devaient trouver un écho lors de ses prestations. Lorsqu’elle interpréta Endangered Species au New Morning à Paris en 1997, ses prises de position pour le droit des femmes firent couler beaucoup d’encre. Qu’importe, Dianne Reeves tenait à être entendue.

 

Dianne Reeves à Paris, le 15 septembre 2017. © Christian Rose

 

Derrière ses sourires et une amabilité confondante, cette grande dame est une battante qui, dès le collège, réalisa que la couleur de sa peau était un obstacle à son épanouissement de jeune fille. Le simple fait d’évoquer l’impérieuse nécessité de contrer l’obscurantisme, dans lequel notre monde semble plonger en ce début de XXIème siècle, fait immédiatement réagir la citoyenne. Cependant, les propos convaincus de Dianne Reeves ne doivent la soustraire de son statut d’artiste. Pour rien au monde, elle n’endosserait un rôle politique. Son vœu le plus cher est de donner de l’amour à ses contemporains à travers son art et rester une femme simple, humble et modeste.

Un concert de Dianne Reeves est toujours un moment de jubilation éclairée. Elle nous le prouvera, une fois de plus, ces prochains jours en France. Le 17 octobre 2017 à Courbevoie, près de Paris ; le 19 à Saint-Nazaire ; le 21 à Toulouse ; le 24 à Lyon. Ne la manquez pas !

 

Dianne Reeves au Festival «Jazz in Marciac», août 2016. © Odasan Macovich/UNIVERSAL

 

Dianne Reeves fait chavirer Marciac