Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Wyclef Jean, Black President ?

Wyclef Jean, le 3 juin 2017 à Atlanta. © Prince Williams/Filmmagic/Getty images

Bien avant de briller au sein des Fugees, en compagnie de Lauryn Hill et Pras Michel, Wyclef Jean était un jeune haïtien dont la destinée ne devait pas nécessairement le mener vers les sommets de la popularité planétaire. Et pourtant, sa force de caractère et son tempérament fougueux ont fait tomber un à un les obstacles qui se dressaient sur sa route. Désormais adulé à l’échelle internationale, le rappeur, chanteur, producteur, guitariste, acteur et découvreur de talents, a conscience du chemin parcouru, et tente de ne pas oublier sa terre et ses aînés.

D’abord bercé par les musiques traditionnelles haïtiennes et le hip hop, Wyclef Jean reconnaît aujourd’hui volontiers avoir écouté du jazz au lycée, à l’invitation de ses professeurs. Thelonious Monk, Miles Davis, Quincy Jones accompagnaient son quotidien et nourrissaient son appétit musical éclectique. C’est aussi à cette époque qu’il découvrit Fela Anikulapo Kuti et l’humeur combative de ce héros nigérian qui le fascinait. Devenu adulte, son esprit frondeur ne l’éloigna jamais beaucoup de l’engagement citoyen de son illustre mentor. Face aux intimidations, Wyclef Jean a trouvé la parade : pérorer en musique avec ferveur et intelligence en laissant libre cours à son imagination.

 

Wyclef Jean à RFI. © RFI/Joe Farmer

 

Son dernier album en date Carnival III : The fall & rise of a refugee n’est pas qu’un habile condensé de son univers sonore multiculturel, c’est l’affirmation de ses convictions et de ses certitudes. Wyclef Jean veut élever le débat, faire réfléchir, interpeller. La musique est, sans nul doute, un vecteur de transmission du savoir. Encore faut-il être suffisamment futé pour distiller valeurs humaines et notions de civisme, dans un répertoire diffusé à grande échelle ! L’activisme du rappeur y parvient magistralement. Ses intentions sociales, fussent-elles critiquées ou vilipendées, ont donné du sens et du crédit à son statut d’artiste.

Conscient de porter une parole très écoutée, Wyclef Jean use de son immense notoriété pour alerter ses contemporains et, notamment, les plus jeunes très friands de ses syncopes verbales et de ses trouvailles stylistiques. Ce choix presque politique œuvre pour le bien commun et montre l’exemple. Thank God for the Culture, Fela Kuti, Borrowed Time, Warrior, What Happened to Love ne sont pas des chansons anodines. Elles militent, éduquent, mobilisent… Wyclef Jean se verrait-il "Black President" ?

Le site de Wyclef Jean

 

Wyclef Jean, le 22 avril 2017, à Miami. © John Parra/WireImage/Getty images

 

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