Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Jour de Blues à Bamako

Ali Farka Touré à Vienne (France) en juillet 2000. © Christian Rose

C’est l’histoire de deux musiciens français, dont l’ouverture d’esprit les a conduits vers des contrées lointaines et, notamment, le Mali où la force expressive de la terre rouge a suscité la création d’un spectacle original magnifié par la grâce de voix africaines étincelantes. "Jour de Blues à Bamako" est une ode à l’une des plus importantes figures d’Afrique de l’Ouest, Ali Farka Touré. Pierre Durand et Joce Mienniel, initiateurs de ce projet, nous narrent cette semaine, en compagnie de la chanteuse Nanou Coul, leur épopée afro-blues avant leur participation au festival "Jazz au fil de l’Oise".

Parvenir à revitaliser l’esprit du maître de Niafunké est un défi qui suppose une lecture savante du répertoire Tamasheq et une profonde connaissance des traditions autochtones. Le guitariste Pierre Durand a, certes, développé une virtuosité que le regretté Ali Farka Touré n’aurait pas renié, mais ce n’est qu’en arrivant au Mali, et en se confrontant au rythme de vie local que l’âme africaine du blues lui parut évidente. Le flûtiste Joce Mienniel eut ce même sentiment de compréhension patrimoniale immédiate. De formation classique européenne, c’est à Bamako qu’il prit conscience de la diversité des couleurs sonores insufflées par les cultures peules, bambaras, songhaïs…

Jocelyn Mienniel, Nanou Coul, Pierre Durand à RFI. © Christian Rose

Guidés dans leur voyage initiatique par les chants ancestraux de deux étoiles de l’art vocal, Tanti Kouyaté et Nanou Coul, Pierre Durand et Joce Mienniel ont voulu se faire l’écho d’une expérience qui a bouleversé leur existence. Au-delà de l’hommage à Ali Farka Touré, "Jour de blues à Bamako" dessine les contours d’un héritage millénaire symbolisé par l’arbre à palabres, dont l’imposante majesté trône au centre de la scène, et rappelle insidieusement que la transmission orale est l’un des piliers d’une philosophie populaire africaine.

Également soutenue par Sadio Koné (n’goni), Benjamin Flament (percussions) et Amadou Daou (calebasse), cette belle révérence franco-malienne nous mène à la source d’une vérité historique, dont on ne cesse de redécouvrir la saveur. Le 13 décembre 2017, une nouvelle représentation de ce conte poétique et musical sera donnée à Saint-Ouen l’Aumône, dans le Val d’Oise, près de Paris. L’occasion de célébrer, in vivo, l’entente et la complicité d’instrumentistes et d’interprètes dont la légitimé artistique n’est désormais plus à prouver.

Le site de Jazz au fil de l'Oise

Pierre Durand, Nanou Coul, Joce Mienniel. © RFI/Joe Farmer