Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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50 ans après Otis Redding

Otis Redding au Festival de Monterey (Californie), Juin 1967. © Bob Buchanan/Michael Ochs Archives/Getty Images

1967 fut une année vibrante dans «L’épopée des Musiques Noires»… Outre la publication de disques devenus historiques signés Miles Davis, Aretha Franklin, Jimi Hendrix ou Nina Simone, c’est aussi l’époque du militantisme psychédélique, du réveil citoyen, de la fronde artistique. Les Américains s’embourbent dans la guerre du Vietnam et les dénonciations musicales, de plus en plus nombreuses, laissent poindre un mouvement de contestation majeur. Martin Luther King globalise son discours, la tonalité sociale de ses mots l’emporte désormais sur la lutte du peuple noir tandis que les partisans du «Black Power» trouvent un écho dans la population afro-américaine.

C’est dans ce contexte explosif que le jeune Otis Redding (25 ans), nouvelle étoile de la Soul-Music, tente de se distinguer. Il a déjà acquis une sérieuse réputation, mais entend s’adresser à un public bien plus large que la seule communauté noire. Le festival de Monterey de juin 1967, en Californie, sera sa chance. Devant un public de hippies majoritairement blancs, il livre une prestation qui fera date. Pour les fans de la première heure, la fougue du chanteur n’étonne guère, mais pour les milliers de spectateurs venus applaudir Simon & Garfunkel ou Ravi Shankar, l’irruption de ce bouillonnant zébulon est une révélation.

 

© Michael Ochs Archives/Getty Images
Otis Redding sur scène, 1967.

 

Otis Redding jouit soudainement d’une notoriété croissante, et semble vouloir écrire un nouveau chapitre de sa destinée. Il s’attelle à un album qu’il n’aura malheureusement pas le temps d’achever. Le 10 décembre 1967, alors qu’il se rend à Madison dans le Wisconsin, son avion privé finit sa course dans le lac Monona. Otis Redding disparaît à l’aube d’une prodigieuse carrière. Depuis, les hommages, les révérences, les respectueuses marques d’affection se sont multipliées et Zelma Redding, épouse du héros, veille consciencieusement à la préservation du patrimoine.

Frédéric Adrian, auteur de la seule biographie en français consacrée à Otis Redding, nous conte, dans le détail, les derniers mois d’une icône universelle dont la vie trépidante a inspiré de nombreux artistes à travers la planète. 1967 fut une année singulière dans le monde des arts, et pleine de promesses pour Otis Redding. Il y a 50 ans, le frémissement d’une révolution générationnelle épousait les aspirations existentielles d’un jeune chanteur noir qui, en un éclair, bouscula le conservatisme musical de l’Amérique bien pensante.

Le site d'Otis Redding, the King of soul
Le site d'Otis Redding (en français)

 

© RFI/Joe Farmer
Frédéric Adrian au micro de Joe Farmer.

 

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