Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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50 ans de rébellion rap !

Le groupe Public Enemy, le 1er mai 1987. Avec Chuck D, Flavor Flav et Terminator X. © Jack Mitchell/Getty Images

Dans son dernier ouvrage, Naissance d’une Nation Hip Hop (GM Editions), le journaliste et auteur français, Olivier Cachin, suggère la genèse de la culture rap, il y a un demi-siècle. Les Last Poets furent, en effet, en 1968, les pionniers d’une forme d’expression modelée par le verbe et le rythme, mais il serait plus juste de trouver l’origine artistique d’une scansion contestataire cadencée au cœur des années 70. Depuis, la rébellion Hip Hop s’est affirmée et accompagne les soubresauts de l’histoire. État des lieux d’une vague subversive qui défie, encore et toujours, l’Amérique bien pensante.

Si The Message de Grandmaster Flash semble avoir été, un peu à la hâte, proclamé premier classique du rap en 1982, n’omettons pas de citer Sugarhill Gang qui, 3 ans plus tôt, parvenait déjà à modifier le paysage sonore disco-funk des années 70 avec un emprunt audacieux au fameux Good Times du groupe Chic emmené par Bernard Edwards et Nile Rodgers. Cette première salve visible de la culture Hip Hop suscitera l’accélération des productions, et nourrira l’envie irrépressible des acteurs du mouvement de se défier d’un bout à l’autre de l’Amérique.

 

© Michael Ochs Archives/Getty Images
Les pionniers du rap Sugarhill Gang, en 1979. Avec Big Bank Hank, Wonder Mike et Master G.

 

Ces joutes épiques, ces rivalités artistiques donneront du sens à un engagement citoyen porté, au fil des décennies, par des personnalités inflexibles et indomptables. Les mots crus de Public Enemy et de NWA épousent alors la violence sociale dans laquelle se débattent tous ces jeunes rappeurs insoumis. Ils doivent apprendre à résister, à affronter les coups bas, les revers de l’existence. Mais pour certains, un destin mortifère l’emporte sur une colère quotidienne. Notorious Big et Tupac Shakur en seront les premières victimes célèbres.

Depuis que la professionnalisation de la culture rap a quelque peu arrondi le discours et la musicalité, il devient presque saugrenu qu’une figure emblématique se risque à écorner son image par des postures authentiquement véhémentes. Cependant, l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, en 2016, a peut-être réveillé l’ardeur contestataire d’une famille d’artistes qui cherchait la confrontation et la dénonciation d’un système oppressif. L’histoire bégaie-t-elle aux États-Unis ?

 

© Al Pereira/Michael Ochs Archives/Getty Images
Le groupe NWA en 1991. Avec MC Ren, DJ Yella, Eazy-E et Dr Dre.

 

Il y a 50 ans, la communauté noire américaine se mobilisait et faisait naître un esprit de rébellion dont la vigueur toujours palpable, mais erratique accompagne les soubresauts d’une société à nouveau en ébullition. Cette fronde parviendra-t-elle à redéfinir les contours d’un Etat redevenu très conservateur et autoritaire ?

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