Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Kirk Whalum, l’universalité africaine-américaine

Kirk Whalum à RFI. © Christian Rose

Le saxophoniste Kirk Whalum n’est pas seulement un impeccable instrumentiste sollicité par les plus grands (George Benson, Aretha Franklin, Whitney Houston, Al Jarreau, Quincy Jones…), il est aussi un messager. Sa foi en l’humain l’a conduit sur les routes de la diaspora africaine dans le monde. Qu’il se produise à Memphis (sa ville natale) ou à Nairobi au Kenya, l’engagement est le même : transmettre une parole bienveillante pour que la paix l’emporte sur le chaos. Son dernier album, « Love Covers », traduit cette volonté d’apaisement et cet appel à la sérénité. La conversation peut alors commencer…

C’est dans un français très honorable que cet érudit aime s’exprimer pour parfaire ses connaissances linguistiques. C’est aussi, pour lui, le moyen d’échanger plus facilement avec ses interlocuteurs car Kirk Whalum attache beaucoup d’importance à la communication entre les peuples. Son grand cœur ne lui a pas seulement permis de briller dans les hautes sphères du jazz, de la pop et du gospel, il lui a donné accès à un univers spirituel infini. Sans prosélytisme, il milite pour un monde plus juste et généreux. La musique est, sans nul doute, le meilleur moyen de distiller quelques valeurs humaines précieuses quand la politique fait défaut pour guider les hommes. Kirk Whalum le sait mieux que personne !

Kirk Whalum à RFI. © Christian Rose

Né le 11 juillet 1958, il a épousé les soubresauts de l’histoire dès sa plus tendre enfance. Il n’avait pas 10 ans quand le combat des Noirs agitait l’Amérique, mais il se souvient des discours des grands orateurs d’antan. Il se souvient de la ferveur des hommes d’église, de la détermination des artistes, de la rébellion des citoyens. Tous ces moments gravés dans son esprit ont façonné son expressivité, et ont dessiné les contours d’une œuvre multiculturelle qu’il veut offrir au plus grand nombre, à l’humanité toute entière. C’est d’ailleurs son vœu le plus cher… Faire le lien entre les différentes traditions planétaires à travers la musique, et trouver le dénominateur commun à nos existences individuelles terrestres.

Cet enjeu passe par des voyages, des discussions, des prestations, des engagements. Après avoir scintillé dans la lumière des projecteurs, au fil des 40 dernières années, Kirk Whalum cherche désormais son épanouissement dans le don de soi. Il suffit d’écouter ses mots et ses notes pour comprendre qu’au-delà du virtuose, il y a la flamme universaliste d’un pèlerin qui parcourt le globe en quête de vérité et de grâce. Il eut été, de fait, impensable qu’il ne participât pas aux commémorations saluant la mémoire de l’un de ses héros, le pasteur Martin Luther King, 50 ans après sa disparition. Il sera donc l’un des nombreux invités, le 4 avril 2018, du Musée National des droits civiques à Memphis (Tennessee). Dieu soit loué !

Le site de Kirk Whalum

Kirk Whalum au micro de Joe Farmer. © RFI/Joe Farmer