Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Femi Kuti, la sagesse panafricaine...

Femi Kuti à RFI (Mai 2018). © Christian Rose

Longtemps insatisfait des désordres politiques qui ont agité le continent africain depuis un demi-siècle, Femi Kuti, fils aîné du grand Fela Anikulapo Kuti, semble chercher l’apaisement. Son dernier album, One People, One World, a des accents humanistes. Aurait-il trouvé la sagesse à force de revers et de batailles improductives ? Musicien engagé dont les mots sont toujours des enseignements, Femi Kuti appelle désormais à l’unité à une époque où la division et la défiance l’emportent sur la solidarité et la tolérance.

La tonalité consensuelle qui transpire des dernières compositions du saxophoniste nigérian surprend et nous interroge. Femi Kuti semble plus posé et philosophe. Citoyen attentif aux évolutions du monde, il perçoit les tensions internationales comme autant de défis à relever. C’est la raison pour laquelle il délivre un message positif tourné vers l’avenir. Des chansons comme Best to live on the good side ou Equal Opportunity en sont de bons exemples. Femi Kuti fait le vœu d’une planète plus juste où chacun aurait sa place.

Montrer le chemin plutôt que dénoncer est devenu son crédo même si, à ses yeux, les hommes politiques restent des fabulateurs. La musique, dit-il, aura toujours plus de pouvoir qu’un long discours car les artistes ne peuvent se soustraire à leur devoir de sincérité. Pour cela, il faut trouver l’équilibre entre la colère et la sérénité, l’engagement et l’écoute. Né le 16 juin 1962, Femi Kuti voit les années passer et fait le point sur sa curieuse destinée. Fils aîné d’un flamboyant rebelle, il a appris à prendre du recul sur les événements. Il se félicite aujourd’hui d’avoir choisi une voie médiane qui lui permet de s’exprimer avec véhémence et tempérance.

 

© Optimus Dammy
Femi Kuti.

 

Ses goûts se sont également affinés. Grand amateur de jazz, Femi Kuti a enfin la certitude de maîtriser le vocabulaire musical de Miles Davis, Charlie Parker, Dizzy Gillespie ou John Coltrane. Ne l’avait-on pas vu partager la scène avec Herbie Hancock, Wayne Shorter, Dee Dee Bridgewater et Al Jarreau, le 30 avril 2015 à l’UNESCO à Paris lors de la 4e Journée Internationale du Jazz… Bien qu’il se méfie de l’institutionnalisation de l’art, Femi Kuti veut croire aux vertus conjuguées de la musique et de l’action humanitaire. Auprès de l’UNICEF ou de l’International Rescue Committee, il observe, témoigne, s’indigne et lance des appels à ses contemporains pour que les victimes des violences et bouleversements géopolitiques ne soient plus livrées à elles-mêmes.

Femi Kuti a changé… Sa pensée s’est affinée, sa musicalité aussi. À partir du 15 mai 2018, il présentera le fruit de ses mélodieuses réflexions universalistes au public français à travers une imposante tournée hexagonale qui passera par Toulouse, Paris, Blois, Montpellier, Strasbourg, Lille, Metz, Gennevilliers, Angoulême… Ne manquez pas l’occasion d’entendre un discours juste et des notes réconfortantes !

Le site de Femi Kuti

 

© Christian Rose
Femi Kuti à RFI (Mai 2018).

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