Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Le swing des Indiens noirs

Big Chief Montana. © Lardux Films

Le 31 octobre 2018, un documentaire signé Jo Beranger, Edith Patrouilleau et Hughes Poulain présentera l’épopée séculaire de citoyens américains, dont le métissage culturel atteste des échanges ancestraux entre esclaves africains et autochtones amérindiens. Black Indians narre la destinée d’une population néo-orléanaise dont l’essence créole trouve son expression dans la musique, les danses, les croyances et les défilés multicolores. Déjà en 2017, le film Rumble, de Catherine Bainbridge, avait mis en relief les racines indiennes de la musique populaire américaine. Black Indians insiste sur le combat identitaire d’un peuple attaché à son histoire, ses racines, ses traditions.

Il y a des siècles, dans les bayous de Louisiane, les esclaves africains tentaient d’échapper à leurs bourreaux, les colons européens, et trouvaient parfois refuge au sein de tribus indiennes disséminées sur un territoire que l’on n’appelait pas encore "Les États-Unis". Par respect pour leurs sauveurs, les fuyards adoptaient alors les us et coutumes, danses et chants, rites et codes, de leurs hôtes. 400 ans plus tard, les Indiens noirs préservent toujours ces traditions ancestrales comme un rempart aux divisions communautaires. À travers David Montana, "Big Chief of Washitaw Nation", nous entrons dans l’univers musical, spirituel, et parfois militant d’une population fière et combative.

 

© RFI/Joe Farmer
Edith Patrouilleau et Hughes Poulain en studio à RFI.

 

Entre joutes verbales et rythmes lancinants, l’écho africain résonne dans les processions néo-orléanaises de ces personnages flamboyants. Secrets, mystiques, les transes afro-amérindiennes captivent et entretiennent le mystère. Comme un griot mandingue, le Big Chief évoque le patrimoine, transmet le message des ancêtres, et cherche l’unité. "La culture n’apporte pas la violence, sinon, ce n’est pas une culture. La culture cherche la beauté que tant de gens ont créée et préservée. Cela est plus important que toute autre considération. Je veux que vous sachiez que la culture ne peut pas être vendue mais seulement rendue !" (David Montana, Big Chief of Washitaw Nation – Extrait du film Black Indians, de Jo Beranger, Edith Patrouilleau et Hughes Poulain).

Bien avant que le Jazz de Louis Armstrong ne devienne l’étendard sonore de New-Orleans, les parades afro-amérindiennes agitaient la ville et donnaient de l’élan aux peuples opprimés. Plus qu’un héritage mésestimé, ce sont les prémisses d’une fronde revendicatrice qui s’expriment dans les mots et les notes de ces vaillants Indiens noirs. "À La Nouvelle-Orléans, la musique transporte les âmes à chaque instant… ". Ainsi concluait Jo Beranger, disparue en 2015, instigatrice passionnée de ce documentaire palpitant, utile et émouvant.

- Le site du film Black Indians

- La bande annonce du film Black Indians.

 

 

© Lardux Films
Musiciens afro-amérindiens à La Nouvelle-Orléans.

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