Spéciale 21ème édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde à Essaouira (Maroc)

Le BIM, Bénin International Musical pendant la fusion avec Hassan Boussou (pas à l'image). © RFI/Laurence Aloir

L’Afrique trouve ses racines à Essaouira
« Depuis la naissance du festival, son caractère inédit lui confère une place de choix dans les événements culturels ayant confirmé au monde que l’Afrique est plus que jamais une terre de dialogue et de création », rappelle Neila Tazi, productrice du Festival Gnaoua et Musiques du Monde. Depuis 1998, le rendez-vous qui a su redonner ses lettres de noblesse à la culture Gnaoua et à l’héritage africain, s’inscrit plus que jamais dans la démarche Sud-Sud pour un échange culturel inter-continent. Au fil des éditions, en plus des maîtres gnaoua des différentes villes marocaines, le festival a accueilli les plus grands de la scène africaine tels que Youssou N’Dour (Sénégal), Amadou et Mariam (Mali), Bassekou Kouyaté (Mali), Toumani Diabaté (Mali), Doudou N’Diaye Rose (Sénégal), Oumou Sangaré (Mali), Ray Lema (Zaïre), Yakhoba Sissokho (Mali), Yéyé Kanté (Guinée), Issakha Sow (Sénégal), Ali Farka Touré (Mali), Sibiri Samaké (Mali), Cheick Tidiane Seck (Mali), Ba Cissoko (Guinée), Baaba Maal (Sénégal)… Pour cette 21ème année, l’Afrique sera à nouveau célébrée avec un duo féminin, deux musiciennes puissantes et de grands talents. Quand Asma Hamzaoui, jeune artiste gnaoui joue au guembri, instrument qui est considéré comme réservé aux hommes, Fatoumata Diawara continue à chanter malgré l’interdiction de pratiquer de la musique par les islamistes dans le nord du Mali, d’où elle vient. Ensemble, elles offriront une fusion authentique qui sera sans doute un des temps forts de cette édition. Le Festival Gnaoua fait aussi escale au Bénin avec BIM (Benin International Musical), un collectif d’artistes béninois, en partenariat avec le groupe Radio France. Un tourbillon de folie qui rend hommage à la musique des ancêtres du Dahomey. Au programme : des rythmes vaudous, des chants traditionnels, avec des mélodies électriques bien pimentées et des sons modernes que le collectif partagera lors d’une fusion unique avec le maâlem Hassan Boussou.

Site du festival

 

 

Nos invités sont Neïla Tazi, directrice et fondatrice du festival, maalma Asma Hamzaoui, BIM et mâalem Hassan Boussou.

Asmaa Hamzaoui
(Bnat Tombouctou)

A tout juste 20 ans, elle devient leader du groupe Bnat Tombouctou, et l’une des rares et des plus jeunes ambassadrices de l’art Gnaoua. Sa passion, elle l’a héritée de son père, le célèbre maâlem Rachid Hamzaoui. Dès son plus jeune âge, elle apprend à jouer au guembri et l’accompagne dans les célébrations. Depuis 2012, c’est à la tête de son propre groupe qu’elle se produit. Bnat Tombouctou reste largement fidèle aux traditions au niveau du style, mais aussi des thématiques abordées : l’éloignement, la souffrance, la mémoire de l’Afrique sont omniprésents. Peu à peu, elles ont su conquérir un public toujours plus nombreux, jusqu’à rejoindre la programmation du célèbre Festival Gnaoua et des Musiques du Monde d’Essaouira à l’été 2017. Un événement loin d’être anecdotique, puisque les joueuses de guembri restent rares, au Maroc et dans le monde. Traditionnellement, les femmes ne jouent pas lors des cérémonies, et ne touchent à cet instrument que dans l’intimité (c’est notamment souvent le cas des femmes de maâlem, par exemple) : se produire en public est encore largement tabou. Asmaa Hamzaoui en fait l’exception.

Fusion mâalem Hassan Boussou et le BIM
Sons gnaoua et chants vaudou, une histoire d’ancêtres Benin International Musical est un collectif qui représente l’extraordinaire bouillonnement créatif de la scène musicale béninoise, héritière des rythmes vaudous. Leur rencontre avec le Maâlem Hassan Boussou offrira sans doute une fusion des plus impressionnantes. Rythmes gnaoua et danses du culte vaudou offriront un retour aux sources, avec des sonorités pleines d’énergie.

Maâlem Hassan Boussou
Parce que la tagnaouite est une histoire de famille, Hassan Boussou est tombé dans la marmite de la musique très jeune. Fils de feu maâlem H’mida Boussou, Hassan Boussou a été éduqué selon les préceptes de la tradition gnaouie. En 1996, il forme le groupe Gnaoua Fusion avec des musiciens belges. Installé depuis peu en France, il rencontre les futurs membres du groupe Séwaryé avec qui il décide de renouveler l’expérience de métissage et de fusion. Le répertoire traditionnel reste la source principale d’inspiration du maâlem Hassan Boussou tout en s’enrichissant de sonorités occidentales. Il se produit régulièrement avec les musiciens de feu son père, le maâlem H’mida Boussou. Fidèle parmi les fidèles, Hassan offre au festival à chaque édition toute la générosité de son art. En 2016, il fusionne avec un des maîtres américains du free jazz, Jamaaladeen Tacuma, lors de la 19ème édition du festival. En mars 2017, c’est un public conquis qui l’ovationne lors du concert du Gnaoua Festival Tour au Bataclan, un concert fusion 100% festival avec le Maâlem Mustapha Bakbou, Hindi Zahra, Mehdi Nassouli, Tony Allen, Karim Ziad et Titi Robin. Pour les 20 ans du festival, maâlem Hassan Boussou a présenté une résidence spécialement créée pour l’occasion avec les Hmadcha et les griots venus du Mali.

Benin International
Musical (Bim)

Collectif de musiciens venant du Bénin, le BIM propose une fresque de l’extraordinaire bouillonnement créatif de la scène musicale de la région. Ces musiciens de talent revisitent les sons vaudous avec des influences, jazz, rock, blues, gospel, rap et musiques actuelles. Guitare, basse, percussions, choeurs, voix, une énergie folle autour de la musique et de la danse vaudou. Ce projet est né, il y a cinq ans, sous l’impulsion d’Hervé Riesen et Jérôme Ettinger, aidés par Denis Akobebakou et Aristide Agondanou, directeur de Awo Négoce et fondateur de l’orchestre de fanfare Gangbé Brass Band. Le but est de représenter toute la diversité ethnique et musicale du Bénin, en regroupant des musiciens de tout horizon, des églises aux clubs, en passant par le Ballet national ou encore les couvents vaudous.

Morceaux interprétés et interprètes :
- Wlad El Ghaba et Moulay Brahim par mâalma Azma Hamzaoui
et ses kouyous Aïcha Hamzaoui, Meriem Guerrami, Meriem Ouillane et Soukeïna El Mylyji
- Mbayo par mâalem Hassan Boussou et ses kouyous Mohamed El Gasmi, Othmane Khalil et Idriss Hedar
- Teoun Teoun / Iyé par le BIM, Benin International Musical
- Foufou Djemba / Miwae fusion entre mâalem Hassan Boussou et le BIM.

Tous les morceaux ont été enregistrés dans le studio mobile RFI à l'Hôtel Océan Vagabond à Essaouira. Ingénieur du son : Marc Fichet - Réalisateur : Taguy M'Fah Traoré - RFI Vidéos : Cyril Etienne.

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