Joce Mienniel en session live et Têtes de chien en entretien

Pochette Babel (© Abhimanyu Jadaun Angela Flahaut) et Pochette Faces cachées (© Têtes de Chien). © Abhimanyu Jadaun Angela Flahaut/ Têtes de Chien

De l'orientale Babel aux faces cachées des comptines françaises.

Joce Mienniel, flûtiste, compositeur, arrangeur Cd Babel

Joce Mienniel vit son rêve de moyen et extrême orient avec Babel.
Sur cet album, le musicien (flûtes, guimbardes, kalimba) réunit l'artiste pakistanais Ashraf Sharif Khan (sitar), le oudiste syrien Iyad Haïmour (+ qanoun), Stracho Temelkovski (mandole, bendir), Antony Gatta (percussions) et Joachim Florent (contrebasse). Pour cette session live, Joce Mienniel est venu en duo avec le oudiste Mohannad Nasser, avec qui il interprète 2 titres.

Site officiel de Joce Mienniel

Vidéo Babel Joce Mienniel

 

© RFI/Laurence Aloir
Joce Mienniel et Mohannad Nasser à RFI.

 

Têtes de chien Cd Faces cachées
De La Claire Fontaine à La Pêche aux moules, de Aux Marches du palais à Ne pleure pas Jeannette, en passant par Il était un petit navire ou Nous n'irons plus au bois...
Ces comptines et complaintes d'auteurs anonymes, «standards» de chansons populaires issus de notre tradition orale et de notre patrimoine collectif sont-ils vraiment ce dont ils ont l’air ?
Ces chansons nous racontent-elles vraiment ce qu’elles prétendent ? Que découvre-t-on entre les lignes de leurs paroles archi-familières ?...
Bien des choses en vérité ! Des choses inattendues, étranges, amusantes ou terribles...
C’est le nouveau pari des Têtes de Chien ! Ce quintette atypique revisite avec virtuosité 20 chansons parmi les plus populaires de notre patrimoine oral ; des comptines et complaintes dont les artistes s’emparent avec créativité pour en dévoiler la «face cachée», en révéler la beauté, la drôlerie, la cruauté parfois, en jouant de différentes versions mélodiques, de leurs harmonies et de leurs voix, pour bouleverser les images sonores attendues.
Ils provoquent des mariages inattendus mais plein de sens : arrangements vocaux surprenants et couleurs harmoniques surprenants, jeux rythmiques audacieux. Ainsi, celui des percussions vocales indiennes dans Dans les Prisons de Nantes, des tournures mélodiques issues du raï pour Cadet Roussel, des clins d’œil à la musique yiddish pour C’est la mère Michel ou à la musique créole pour Compère Guilleri.
Ces chansons intemporelles parlent de nous : de nos désirs, de nos peurs les plus enfouies, celles de l’humanité, quelle que soit son époque.
Le spectacle questionne le sens caché de ces chansons traditionnelles, met en lumière de nombreux archétypes exprimant l’inconscient collectif: l’expression du désir sexuel, aisément décelable dans Au clair de la lune ou Aux marches du palais, peut passer du bonheur au danger, voire aller jusqu’au viol comme dans À la pêche aux moules ou Jeanneton prend sa faucille. La relation incestueuse est parfois évoquée, comme dans Sur l’pont du Nord, où l’interdit est transgressé par Adèle et son frère au péril de leur vie. La mort, crainte ou désirée est souvent présente. Le «pendouillez-moi z’avec» de Ne pleure pas Jeannette en est une touchante expression. Le cannibalisme apparaît dans Il était un petit navire (ou La courte paille). Les recettes imaginées par l’équipage pour accommoder la chair du jeune mousse en attestent, et nous donnent à réfléchir : leur énumération n’est pas seulement amusante ; elle est aussi profondément cruelle, troublante.
Ces chansons créées et chantées par les adultes avant de devenir, beaucoup plus tard, un répertoire considéré comme «enfantin» ne sont pas réservées aux «enfants sages» et expriment bien plus qu’on ne l’imagine.

Nos invités : Henri Costa (basse) et Philippe Bellet (ténor).

Site officiel de Têtes de Chien

Vidéo de Têtes de chien

 

© Norbert Gabriel
Têtes de Chien.