Daara J Family, de retour en studio

Daara J Family © Feel Good Music

Vingt ans après la sortie de leur deuxième album, Xalima, l’un des groupes phares du hip hop ouest-africain prépare, à Dakar, un sixième opus prévu pour la rentrée. A l’occasion de leur tournée européenne, on a rencontré Faada Freddy et Ndongo D qui nous annoncent, entre autres, une collaboration avec le rappeur français Kery James.

RFI Musique : Votre dernière tournée en France date de 2010-2011 pour l’album School of life. En Europe, vous n’avez pas défendu sur scène Foundation, sorti en 2016. Pourquoi ?
Faada Freddy 
: Ces trois dernières années, j’étais en tournée (ndlr : avec son projet solo Gospel Journey) même si je revenais au pays pour partager la scène avec Ndongo D. Cette année, on va se consacrer entièrement au projet Daara J Family. D’où cette hargne, cet enthousiasme qui nous animent pour mener à bien cette tournée et ce nouvel album.

Lors d’une résidence à l’EMB Sannois, en région parisienne, au début du mois de mars, vous avez préparé un nouveau spectacle. De quel répertoire est-il composé ?
Ndongo D
 : On sillonne nos précédents albums et puis on joue en exclusivité de nouveaux titres. Et surtout, on présente le nouveau visage de Daara J Family. On est en perpétuelle évolution et on a besoin d’être compris. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’artistes qui font juste des vidéos, ils vont en studio, ils mettent l’auto-tune et c’est réglé. Nous, on a envie de montrer que l’on est toujours aussi (et avant tout) un groupe de live et que la meilleure des performances, c’est ce moment privilégié de communion avec le public.

Votre tournée a démarré mi-mars en France, soit six mois avant la sortie prévue du nouvel album. Pourquoi ce choix ?
Ndongo D
 : On est en train de bosser sur l’album, ça nous permet de sonder le public et de construire l’album avec lui. Et puis en coulisses et sur la route, comme on est contact avec nos musiciens, on compose et on crée des chansons.
Faada Freddy : C’est aussi l’occasion de partager la scène avec d’autres artistes (NDRL après deux dates avec le rappeur burkinabè Joey le Soldat, ils partageront la scène avec Gaël Faye le 14/04/2018 à Rennes). Comme l’album n’est pas encore clos, peut-être qu’il y a des featurings qu’on peut imaginer. On était en concert il y a quelques semaines avec Kery James à Dakar (ndlr : pour soutenir la lutte contre le cancer aux côtés de l’association Epsilon). C’est pour vous dire qu’il y a de très belles rencontres qui peuvent orienter les collaborations qui seront sur le prochain album… (Rires).

Sur Foundation, on avait perdu les instruments traditionnels au profit des machines. Sur Oyé, le premier single du nouvel album, on retrouve la kora. Est-ce que ça donne la tendance pour le reste de l’album ?
Ndongo D
 : Carrément ! Sur un autre titre qu’on a terminé, on a mis des sabar. On va continuer sur cette lancée.

Appel à l’unité et à l’action, Oyé est chanté en français, en anglais et en wolof. Qu’est-ce que vous dites dans la partie en wolof ?
Ndongo D
 : On dit qu’il est temps de s’unir, d’unir surtout les cœurs. Qu’importe ce que nous avons eu à supporter, cela ne nous empêche pas d’aller de l’avant.

En octobre 2016 Ndongo D, tu annonçais travailler à un projet solo. Où en est-il ?
Ndongo D : Il est toujours dans les tuyaux, il arrive !

En janvier dernier Faada Freddy, au Grand Théâtre National de Dakar, tu as joué pour la première fois chez toi le projet Gospel Journey. Pourquoi avoir attendu si longtemps ?
Faada Freddy 
: J’attendais d’être compris chez moi. Je suis parti en éclaireur avec un style qu’on banalise, car tous les enfants jouent avec ça : la percussion corporelle. Quand j’ai commencé mon projet, je n’ai pas été pris au sérieux. Au fur et à mesure, ils ont commencé à comprendre le concept. Il était temps que je retourne chez moi comme un enfant du pays et que je leur dise : "vous m’avez donné un trésor, mais vous ne saviez pas que c’était un trésor. Aujourd’hui je vous le ramène. Vous en êtes la source." J’étais très satisfait non seulement qu’on kiffe le projet au pays, mais surtout que beaucoup de jeunes soient intéressés pas les master class que je donne pour apprendre la technique vocale et les percussions corporelles.

Il y a plusieurs mois, tu disais préparer un nouvel album solo et hésiter entre l'utilisation du stomp (percussions des pieds) et celle d'instruments créés uniquement à partir de matériaux de récupération. Où en es-tu ?
Faada Freddy : Je n’ai toujours pas tranché ! Mais j’ai commencé des maquettes avec ma guitare faite avec un bidon d’huile. Ce qui est certain, c’est que je suis touché par la musique organique, par toutes les possibilités vocales et du corps et ça ne quittera jamais mes projets.

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