Les Tambours de Brazza

Dix-sept ans après leur création, les Tambours de Brazza proposent de (re)découvrir leur univers à la fois contemporain dans la forme et traditionnel dans le fond avec Brazza. Un best of enrichi par trois heures d’images qui s’avèrent être bien plus qu’un simple bonus.

Le groupe d’Emile Biayenda est une de ces heureuses exceptions qui prouve qu’en musique, Congo ne rime pas toujours avec rumba, soukouss ou ndombolo. Bien sûr, le leader fondateur des Tambours de Brazza a fait ses classes dans son pays natal en jouant avec les orchestres de bal, "pour manger", mais sa culture jazz et sa découverte des musiques traditionnelles auprès des pygmées l’ont rapidement poussé à s’engager sur une voie moins évidente.

A l’occasion de la clôture d’un carnaval organisé dans la capitale du Congo en 1991, une centaine de percussionnistes des différents groupes et ballets s’étaient rassemblés, placés sous la direction d’Emile et sa batterie. Avec une partie d’entre eux, il a décidé de transformer l’essai et de monter les Tambours de Brazza. Contrainte à l’expatriation au Bénin puis en France en raison de la guerre civile au Congo, la formation en a profité pour élargir son répertoire, intégrer progressivement d’autres éléments musicaux.

"Brazza„ retrace le chemin parcouru depuis le début de l’aventure à travers quatorze morceaux parus sur trois des quatre albums enregistrés par ce groupe survitaminé. Contrairement à ce que l’on serait tenté de penser, on est loin ici d’un registre axé uniquement autour des tambours. Ils installent le décor, façonnent l’ambiance, mais le rôle joué par la basse, la batterie, les claviers ou encore les voix – en particulier les chœurs – se révèle aussi essentiel dans certains titres. "Le pari, c’était de trouver une place pour les tambours sans pour autant avoir un discours qui revendique la percussion traditionnelle", résume Emile.

Zangoula, Mameyo ou encore Taramé (Mon père), extraits de concerts, révèlent une autre facette des Tambours de Brazza : la qualité des prestations scéniques du groupe a grandement contribué à sa renommée. De vrais spectacles menés (forcément) sur un rythme auquel il est difficile de résister. Pour en être convaincu, il suffit de passer sur le DVD joint au CD. On y trouve entre autres deux heures de concert filmées en Namibie, en Belgique et en France. En bonus, Emile Biayenda a eu la bonne idée de présenter devant une caméra tous les instruments que son groupe utilise, puis de passer à la pratique en compagnie de quelques complices pour une séquence très pédagogique. Un bon moyen de faire partager sa passion.

Les Tambours de Brazza Brazza (CD+DVD) (Marabi/Harmonia Mundi) 2008

En concert le 2 avril au Trianon à Paris, le 3 avril à l’Auditorium de Lyon