Diogal

Diogal © Niki de la Isla

Le musicien sénégalais, Diogal continue de creuser son sillon, une folk "afro-européenne" qu’il relève cette fois de rythmes plus urbains sur un album intitulé Urban Spirit..

Disque après disque, le chanteur guitariste sénégalais, Diogal, peaufine son univers, une folk apatride qui n’est pas sans parenté avec le minimalisme esthète de Julien Jacob. Apparu lui aussi à la fin des années 1990, Diogal partage entre outre avec ce dernier un timbre des plus pudiques, des influences du côté du songwritting, Cat Stevens et Bob Dylan en tête de listes, et un désir de dire sa vision du monde, souvent à mots doux, parfois en élevant la voix.

Tout cela fait le pouvoir de séduction de ce quatrième recueil, particulièrement réussi lorsqu’il s’inscrit dans cette thématique feutrée, comme sur le très inspiré Reer qui sert d’ouverture et qui rappelle à une dizaine d’années de distance, la magie de Samba Alla. Les cordes graciles d’un violoncelle y accompagnent en toute intimité son chant des plus sensibles, au diapason de ce qui ressemble à une quête d’identité.

Cette voix wolof, que l’on a comparée également à Cheikh Lô et Ismaël Lo, deux de ses maîtres chanteurs, habite tout ce qui suit, d’autant mieux surlignée par des arrangements plus touffus, des sonorités qui s’arriment plus d’une fois vers le rock, mais aussi la funk. Car, pour être plus encré dans l’urbanité, le natif de Ngor n’en oublie pas les racines "rurales" de sa spiritualité héritée du peuple lébou. Loin de gommer cette ambiguë dualité, qui raconte le destin de tous les déracinés qui peuplent une planète désormais plus urbaine, Diogal y trouve au contraire la matière qui irrigue de bout en bout ce disque, un sillon fertile qui trace un nouvel horizon pour le Sénégalais.

Diogal Urban Spirit (Wasia/Playasound/Harmonia Mundi) 2010

En concert au New Morning le 7 octobre.