Abou Diarra, la note blues

"Koya" de Abou Diarra © F.Mallet/ A.Kabbaj

Issu de la lignée des chasseurs bambara, Abou Diarra est un joueur de kamélé n’goni hors-pair. Avec ce luth malien ancestral, l’artiste offre un blues convaincant sur son quatrième album Koya. Un opus soigneusement réalisé par Nicolas Repac sur lequel figure l’harmoniciste Vincent Bucher. Le résultat donne une esthétique contemporaine sans gommer l’aspect séculaire. Pour l’occasion, Abou Diarra se produit à Paris lundi 19 juin à la Défense Jazz Festival, vendredi 30 à l'Institut des Cultures d'Islam puis lundi 3 juillet au Comedy Club.

Déterminé, Abou Diarra fait partie de ces artistes qui savent très bien où ils veulent aller, tout en laissant le hasard aux rencontres pour enrichir son répertoire. Avec Koya, son quatrième album, il creuse un peu plus le sillon du blues mandingue. Un blues qui prend sa source dans le fleuve Niger et poursuit sa course dans le Mississipi. Bercé dès son plus jeune âge par la musique, l’artiste apprend les phrasés vocaux en compagnie de sa mère à l’occasion des mariages coutumiers dans sa région de Sikasso au sud du Mali. Le nom de l’album (également titre d’un morceau) n’est donc pas anodin puisque il s’agit du prénom de sa maman qui prête sa voix sur Koya.

Abou Diarra

Marqué par la culture ancestrale des chasseurs bambara de l’Afrique de l’Ouest, Abou Diarra est un joueur de kamele n’goni (harpe - luth malien). Formé par un maître virtuose et aveugle, connu sous le pseudonyme de "Vieux Kanté", l’artiste nomade a ensuite pris son bâton de pèlerin en arpentant la sous-région muni de son instrument pour s’immerger dans les sonorités ancestrales de la brousse et les sons urbains des grandes villes. À l’issue de ce "compagnonnage" musical, il a ajouté des cordes à son instrument passant de 6 à 14 dans le but d’élargir sa gamme. Avec cette expérimentation son kamele n’goni sonne comme une guitare, une basse, une harpe ou une percussion… Le résultat donne des ballades intimistes et nostalgiques mais aussi des rythmes fougueux. Pour trouver l’équilibre entre traditions et modernité, Abou Diarra a croisé sur sa route Nicolas Repac, dont il avait entendu parler à Bamako avec Mamani Keïta. Célèbre producteur-arrangeur de ce quatrième album, ce compagnon de route d’Arthur H a su dynamiser la musique d’Abou sans jamais la trahir ou la dénaturer. Légères touches d’électro, arrangements délicats, Nicolas Repac a réussi à donner une esthétique contemporaine à l’univers séculaire d’Abou. Autre pointure française que le bluesman de Sikasso a convaincu : Vincent Bucher. Le brillant harmoniciste avait déjà joué avec "Vieux Kanté" dans la capitale malienne. C’est donc tout naturellement qu’il a accepté l’aventure sur Koya. Il faut dire que l’instrumentiste a l’habitude de se frotter aux cultures du monde. Après avoir accompagné Charlélie Couture, il a joué avec le malgache Tao Ravao et le malien Lobi Traoré. À noter également la présence du griot Toumani Diabaté avec sa kora sur deux titres, Djarabi et Labanko. Une belle brochette de musiciens qui font de Koya un écrin précieux.

Un disque sur lequel l’étoile montante de Sikasso s’affirme également en qualité de chanteur. En langues mandingue et bambara, il est un messager : "Sans donner des leçons, j’essaye à travers mes textes de donner des conseils sur ce qui est bon ou pas bon". Le voyage, l’exile sont des thèmes qui lui tiennent à cœur. À l’occasion de la sortie de ce nouvel album, Abou Diarra va se produire sur les scènes parisiennes. Il sera en concert jeudi 2 février 2017 à 20h30 au New Morning à Paris. Prêt à embarquer pour une croisière sonore sans frontières entre le Fouta-Djalon et la Lousiane…

Koya (Mix Metisse/L’Autre distribution/CSB Productions/RFI Talent - Booking : Ginger Sounds)

Retrouvez Abou Diarra sur son site - sa page facebook - son compte twitter

 

Concerts :
19/06 : La Défense Jazz Festival
30/06 : Institut des Cultures d'Islam
03/07 : Jamel Comedy Club

Medley du Concert au Hangar à Ivry par RFI Vidéos à voir ici