Les Amazones d'Afrique, porte-voix militantes

Les Amazones d’Afrique ont convaincu le public de la Philharmonie de Paris © Edmond Sadaka / RFI

Maliennes, Béninoise, Nigériane, Gabonaise pas moins de huit chanteuses et non des moindres se sont données la voix sur un premier opus République Amazone. Une prise de pouvoir destinée à sensibiliser le monde dans le combat pour les femmes et contre les barbaries dont elles sont victimes.

Huit divas d’Afrique de l’ouest réunies dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Tel est l’objectif des Amazones d’Afrique, collectif féminin qui vient de signer un premier album intitulé République Amazone.

Kandia Kouyaté, Mamani Keita, Rokia Koné, Angélique Kidjo, Nneka, Mariam Koné, Mouneissa Tandina, Pamela Badjogo, toutes ces chanteuses font partie des voix les plus acclamées du continent.

Parmi les titres-phares I Play The Kora est l'illustration de la cause défendue par ces grandes dames. À l’unisson, elles proclament : « nous devons nous soulever et combattre l’injustice, car nous sommes tous égaux ». Pour Valérie Malot, à l’origine de ce projet, et responsable de 3D Family, « cette chanson est avant tout une lettre d’amour aux hommes» et d’ajouter « ce morceau a été le ciment pour les Amazones qui viennent d’univers distincts et chantent pour différents publics et différentes générations. Toutes sont devenues des ambassadrices de cette noble cause ». Tous les bénéfices de la vente de ce single sont reversés à la Fondation Panzi du Docteur Mukwege à Bukavu (RDC), qui a apporté son assistance à plus de 80.000 femmes, dont 50.000 ont été victimes de violences sexuelles. « Nous voulons que le monde entier soit à l'écoute. Nous sommes écœurées de voir les femmes souffrir de la violence. Dans le cercle familial, dans les zones de conflits, nous voulons que ces pratiques cessent. Nous sommes unies pour aider les femmes à aller de l'avant », précise  Mariam Doumbia. A cette occasion une campagne de financement participatif a été lancée sur les réseaux sociaux.

"République Amazone" manifeste des Amazones d'Afrique

De son côté Mamani Keita rappelle tristement que «le viol est utilisé comme arme de guerre dans certaines zones de conflits. Résultat: les hommes détruisent les femmes»

I play the kora est aussi un titre métaphorique puisque jouer de la kora, cette harpe de l’Afrique de l’ouest, est resté longtemps un privilège réservé aux hommes. Griottes de l’Empire mandingue, non griottes, guerrière du Dahomey (ancien royaume appelé aujourd’hui Bénin), ces Amazones sont menées de mains de maitre par Liam Farrell. Célèbre producteur franco-irlandais, il a d’abord « électronisé » les sonorités de la rumba kinoise du Mbongwana Star, d'anciens dissidents de Staff Benda Bilili. Avec cette expérience et sa manière non académique d’enregistrer, Liam a su « distorsionner » la bande son de cet album et créer une esthétique improbable: blues mandingue, funk, bribes de dub, rythmes électro. Connue pour avoir initié la chanson Africa Stop Ebola en 2014 afin de sensibiliser les populations locales aux risques de propagation du virus, Valérie Malot est une femme de passion qui aime les défis : « j’ai monté ce projet sans maison de disque. Car aujourd’hui si vous attendez un label vous ne faites rien ». Après avoir tourné à l’international durant un peu moins d’un an, Les Amazones d’Afrique ont été signées par Real World. Une fois passé leur concert à guichets fermés sur la scène de la philharmonie de Paris, Les Amazones d’Afrique vont sillonner l’Europe. De la Finlande à la France en passant par la Pologne et la Suisse, elles risquent de subjuguer le public avec leur hymne hors du temps et hors des genres.

 

 

 

Vous aussi, soutenez la Fondation Panzi en participant ici  

Plus d’informations sur la page Facebook Les Amazones d'Afrique / Sur le site de Real World Records / Sur le site de 3D Family

Pour revoir le concert à la Philharmonie de Paris, cliquez ici 

République Amazone (CD/LP/DL), Real World Records / 3D Family / RFI Talent / Pias