Le voyage lumineux de 3MA

Le trio 3MA : Rajery, Ballaké Sissko et Driss El Maloumi. © Cyrille Choupas

Réunion de trois musiciens, le Malien Ballaké Sissoko, le Malgache Rajery et le Marocain Driss El Maloumi, 3MA offre avec Anarouz, une poésie universelle, un dialogue virtuose et bienheureux.

3MA (Maroc, Mali, Madacascar) unit trois maîtres, trois virtuoses, trois sages, qui conversent en musique, cordes et cœurs entremêlés. Le premier de ce trio transafricain, le griot Ballaké Sissoko, joue l’héritage mandingue sur sa kora, remonte les siècles de la tradition, digresse au présent, au détour d’improvisations cousues d’or.

Le second, d’origine berbère, le Marocain Driss El Maloumi, formé aux musiques classiques arabe et occidentale, remarqué aux côtés de Jordi Savall notamment, laisse courir ses doigts sur son oud, aux rêveries orientales. Le troisième, Rajery, expert de la valiha, cette harpe tubulaire de Madagascar, parcourt les paysages sonores et merveilleux de sa Grande Île.

On pourra, sur les pistes d’Anarouz, leur deuxième disque, s’amuser à remonter ces fils géographiques, tâcher de deviner quelles contrées, quels paysages éveillent telle ou telle formule musicale. Là, pourtant, ne réside pas l’essentiel. Le propos de cette lumineuse méditation se niche plutôt dans la rencontre, dans le respect et l’espace laissé à l’autre, son frère, dans la création conjointe d’un langage, d’une poésie universelle.

Au-delà d’une seule réunion opportuniste, les trois hommes forgent une route commune, ensoleillée de vibrations harmonieuses. Au creux de leurs mille et une notes, délivrées véloces, irradie une alchimie apaisée. Comme un souffle vital, Anarouz éveille une musique "source", originelle, une musique "fleuve", gonflée des affluents malgache, marocain, malien, du blues ancestral et des couleurs de l’Afrique. L’album s’offre tels une prière, un voyage spirituel, à l’écoute bienheureuse.

3MA Anarouz (MDC) sortie le 10 novembre 2017

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