LE MIDEM ET SES 'TALENTS'

25 janvier 1999 - Le Midem, outre son marché de l'industrie musicale internationale, c'est aussi un carrefour professionnel pour de nombreux jeunes artistes soit en quête d'un label soit déjà labelisés, mais en quête d'une reconnaissance publique. C'est pour cette raison que fut mis en place les "TALENTS", rendez-vous régulier du Midem depuis 1992 où les meilleurs espoirs de la chanson française, mais aussi du jazz et de la musique traditionnelle, présentent leur travail au public (enfin un public essentiellement professionnel).

Nouvelle promo de jeunes artistes

25 janvier 1999 - Le Midem, outre son marché de l'industrie musicale internationale, c'est aussi un carrefour professionnel pour de nombreux jeunes artistes soit en quête d'un label soit déjà labelisés, mais en quête d'une reconnaissance publique. C'est pour cette raison que fut mis en place les "TALENTS", rendez-vous régulier du Midem depuis 1992 où les meilleurs espoirs de la chanson française, mais aussi du jazz et de la musique traditionnelle, présentent leur travail au public (enfin un public essentiellement professionnel).

A la source de cette manifestation, trois des plus gros organismes français en matière de création et d'édition musicale : l'ADAMI (aide au développement et à la création artistique), la SACEM (société des Auteurs-Compositeurs et de l'Edition Musicale) et enfin, le MIDEM. Soutenus par d'autres organismes dont le FCM (Fonds pour la Création Musicale), les " Talents " ont pour but de soutenir l'envol professionnel de jeunes musiciens. Nombreux de ceux qui y ont participé dans les années passées y ont trouvé un vrai tremplin : De Palmas, Paris Combo, Gnawa Diffusion ou Peio Serbielle, entre autres.

C'est sous le magnifique chapiteau du Magic Mirrors, salle ambulante construite en Belgique dans les années 20, qu'ont lieu les " concerts " (30 mn au plus par artiste). Cette année, la 8ème édition des " Talents " a démarré par trois noms qui ne nous sont déjà pas inconnus : Hasheem, Hélène Noguerra et Natali Lorio. Compte-rendu :

Apparu sur la scène musicale par le biais d'Arsenal, un label hip-hop, Hasheem n'est pourtant en rien un rapper de plus. Son terrain, c'est le rhythm'n'blues. Cet ancien DJ qui a passé toute son adolescence derrière des platines, sort son premier simple produit par Zdar et Boom Bass en 92. Il collabore à quelques compils groove ou même hip-hop (Cut Killer " Hip Hop soul Party ") jusqu'au jour où il sort un album éponyme (Barclay) conçu en Suède. Sur scène, Hasheem joue de sa rondeur et l'exiguïté de la scène ne gêne en rien sa petite équipe de danseurs et de choristes.

Pas d'exiguïté pour Hélèna Noguerra, que nous connurent sous le raccourci de LNA sur d'anciens 45 tours. Elle peut à souhait bouger et danser sur cette minuscule scène du Magic Mirror, ses trois musiciens ne prenant guère de place à ses côtés. Hélèna, on la connaît depuis longtemps. Sa grande sœur nous a fait danser il y a …20 ans sur son dégoulinant (et inoubliable) " Banana Split ", que Hélèna reprends dans une version violoncelle plutôt sympa. Un peu animatrice télé, un peu comédienne, un peu mannequin, Hélèna a eu expérience de groupe avec Ollano en 96, après déjà deux 45 tours en 89 et 92. Depuis, elle fait son petit bonhomme de chemin et nous présente aujourd'hui son album " Projet : Bikini " (WEA), un ensemble aux saveurs brésiliennes et easy listening façon John Barry/Michel Legrand. Sa voix et son style naviguent entre la Bardot de " Nue au soleil " et la Moreau de " J'ai la mémoire qui flanche ". Mais son tempérament évoque plus Jeanne que Brigitte…

Enfin, si on évoque les grandes références, c'est du côté d'Aretha Franklin que se situent celles de Natali Lorio. Tout en soul, son répertoire louche pourtant vers l'électrique. Les guitares se saturent et l'ambiance monte, même si la chanteuse et ses musiciens ont du mal à trouver leurs marques. Cette ancienne choriste de 25 ans a été bercée aux standards noirs américains des années 60/70 et au zouk de ses Antilles d'origine. Le mélange est détonant et plus chaleureux sur scène que sur son album " Noire " (WEA) qui lorgne vers une soul plus douce et mâtinée d'un léger drum'n'bass.

Cette première soirée 99 des " Talents ", si elle ne fut pas exceptionnelle, a le mérite de nous avoir présenté des interprètes tous auteurs-compositeurs et qui privilégient la langue française. C'est déjà une excellente raison de ne pas les oublier.

Catherine Pouplain