Miriam Makeba

Quinze ans qu’on ne l’avait plus vue sur une grande scène parisienne. La venue de la passionaria africaine à l’Olympia de Paris, vendredi 19, est incontestablement l’événement de la semaine.

La Dame rare

Quinze ans qu’on ne l’avait plus vue sur une grande scène parisienne. La venue de la passionaria africaine à l’Olympia de Paris, vendredi 19, est incontestablement l’événement de la semaine.

En 1966, lorsque les jeunes night-clubbers de l’époque entament un jerk endiablé sur les premières notes de « Pata Pata », il s’agit d’un tournant culturel dont on ne mesure pas encore l’importance. C’est pourtant bel et bien le premier tube de l’histoire de la musique africaine qui investit les endroits branchés de Londres, New York, et Paris. Ce qui fera dire à certains que la « world music » est née cette année-là, grâce à Miriam Makeba.

C’est dix ans plus tôt, pourtant, que la sud-africaine avait composé ce morceau, avec les Manhattan Brothers de Johannesbourg. Entre-temps, le destin aura frappé à la porte en la personne d’un jeune cinéaste américain, Lionel Rogosin. Ce dernier réalise en effet un documentaire "Come Back Africa" dans lequel Makeba interprète une de ses chansons dans l’arrière salle d’un bistrot de Soweto. Harry Belafonte découvre ce petit film au Festival de Venise, et s’entiche aussitôt de l’envoûtante Miriam, âgée alors de 28 ans.

Dès lors, Makeba entre dans le circuit américain de l’industrie musicale, sans pourtant renier son continent natal. Après l’Afrique du sud qu’elle quittera pour des raisons évidentes d’apartheid, elle s’installera en Guinée où elle deviendra l’égérie de Sékou Touré.

Son engagement politique n’a certainement pas servi sa carrière artistique et, quelque part, Miriam Makeba reste l’interprète d’un seul tube. Ce qui est fort injuste quand on a eu l’occasion d’apprécier les multiples facettes de son talent lors d’un récital entier.

Une occasion à ne pas manquer, vendredi à l’Olympia.