Rachel des Bois

Tour à tour femme fatale et bohémienne, la chanteuse au drôle de nom fleurant le sous-bois printanier revient pour une série de concerts. En deux albums, la demoiselle s'est vu couronnée par une kyrielle de prix dont le sérieux Charles Cros et une Victoire de la révélation féminine. Mais c'est sur scène que Rachel des Bois prend toute sa dimension. Une performance scénique aux accents de fête foraine à découvrir au Sentier des Halles jusqu'au 17 avril.

Chanteuse alternative

Tour à tour femme fatale et bohémienne, la chanteuse au drôle de nom fleurant le sous-bois printanier revient pour une série de concerts. En deux albums, la demoiselle s'est vu couronnée par une kyrielle de prix dont le sérieux Charles Cros et une Victoire de la révélation féminine. Mais c'est sur scène que Rachel des Bois prend toute sa dimension. Une performance scénique aux accents de fête foraine à découvrir au Sentier des Halles jusqu'au 17 avril.

Entrez, entrez dans mon petit monde" nous convie l'exubérante Rachel des Bois, très vamp dans sa longue robe noire. "Je suis un marin, un marin qui a perdu le nord/Je suis un marin qui n'arrive jamais à bon port " chante la brune méditerranéenne.

Ritournelles d'un feuilleton écrit au féminin sur les mésaventures de l'amour, Rachel nous ballade au gré de ses humeurs, celle de la paresse, des galères de la vie ou du cirque. Certainement celui de Zingaro où la chanteuse s'est frottée très tôt à l'ambiance de la piste. Dans la petite salle voûtée du quartier du Sentier, au cœur de Paris, l'ambiance est pourtant à l'intimité. Musicalement, Rachel des Bois puise dans ses origines familiales (papa tunisien, maman polonaise). Secouez le shaker et versez : du blues, de la valse musette et des airs klezmer... sur lesquels, soutenue par cinq musiciens, Rachel nous fait part "de ses gros problèmes d'argent" et forcément "que le caviar a un goût amer, quand on est comme moi à découvert"... en extrayant de sa poitrine des billets verts qu'elle jette au public.Puis enchaîne sur un exercice autrement périlleux, et titubant, que celui de la femme saoule : "les éléphants quand j'ai ma dose/Sont à carreaux à pois ou roses/Un rien me grise et je suis noire/J'vois des couleurs dans mon brouillard"...

Si elle joue la carte de la dérision, Rachel des Bois sait pourtant rester lucide et le clame haut et fort : "il faut s'aimer dans ce métier, et moi je m'aime"... Et le prouve avec une adaptation osée de "Déshabillez-moi" de Juliette Gréco sur le mode arabo-andalou.Tour à tour femme de mauvaise vie ou gamine espiègle, la chanteuse a beau endosser de multiples personnalités, inlassablement le public d'aficionados qui la suit au gré de ses concerts parisiens, du Café de la Danse à la Cigale, réclame La pizza, chanson loufoque interactive façon negro-spiritual, au risque de lasser parfois son interprète... quelques secondes à peine. Et qui, survoltée, remet le couvert à chaque fois.

Rachel des Bois Tidam (Barclay/Polygram) 1999