Chroniques chanson


FRED BLONDIN : la voix de l'émotion

C'est avec son troisième album, en 1995, que Fred Blondin a vraiment éclaté aux yeux du grand public, grâce à un morceau signé Charlélie Couture, "Elle allume des bougies". Puis, ça a été la première partie de la tournée d'été 96 de Johnny Hallyday. Avec son nouvel album, "L'amour libre", Blondin joue avec virtuosité sur toute la gamme de l'émotion humaine.

Fred Blondin, c'est d'abord une voix. Une voix de jeune bluesman, grave, cassée. Mieux que cassée : usée. Une voix stonewashed. Ajoutez derrière, quelques tourneries diaboliques, plus la section rythmique de Trust nouveau modèle, David Jacob à la basse, Hervé Koster à la batterie : vous aurez l'un des disques les plus pêchus de la saison. Par exemple, quand Nono Krief, guitariste historique dudit Trust, vient faire hurler son instrument sur "Maintenant ou jamais"...

C'est pourtant une toute simple ballade piano-voix qui emporte tous les suffrages sur "L'amour libre". "Noël n'existe pas" raconte le premier Noël d'un père divorcé, loin de son fils. Avec des mots simples et une force d'émotion à peine imaginable dans le jeu du piano, ce morceau est l'un des rares, tous interprètes confondus, qui parvient à faire monter les larmes aux yeux.

La mélancolie de l'entre-deux amours, telle est l'atmosphère que respire l'album pour sa majeure partie. Parfois, comme sur deux de ses plus beaux titres, "My love" et "Parce que je l'aime", se glisse une éclaircie, un rire, un bonheur possible. Vite en profiter avant que ne retombe la pluie de rêve d'un quatuor à cordes : "J'veux qu'il pleuve, j'veux qu'tu pleures, j'veux qu't'aies peur", chante la voix stonewashed. Et, inexplicablement, toutes les femmes en redemandent.

Jean-Claude DEMARI

Fred Blondin "L'amour libre" Mercury-Universal



HUBERT-FELIX THIEFAINE : "En concert à Bercy"

Discret dans les médias, Hubert-Félix Thiéfaine a noué sur scène la relation indéfectible qui le lie depuis vingt ans à ses légions de fans. Mais, depuis 1983, quatre albums live sont déjà venus marquer le coup d'une tournée triomphale. Quel intérêt peut donc revêtir un cinquième témoignage ?

A plus d'un titre, ce concert, donné en décembre 1998 devant un Palais Omnisports de Paris-Bercy plein à craquer, est son enregistrement public le plus intéressant. D'abord, ce n'est pas si souvent qu'un disque live, qui arrive trop fréquemment comme un cheveu sur la soupe pour faire patienter entre deux CD studio (façon Johnny Hallyday ou Michel Sardou), se justifie si bien - celui-ci couronne en effet deux décennies de carrière.

Ensuite, plutôt que d'investir dans un best of miteux, ce "Concert à Bercy" survole les onze albums solo de Thiéfaine, n'en oubliant aucun, en plus de 2h20 et 32 chansons ("l'Ascenseur de 22h43", "la Vierge au Dodge 51", "la Fille du coupeur de joints", "Narcisse 81", "Zone chaude", "Septembre rose", "Un automne à Tanger", "Les mouches bleues", "Des adieux", "La cancoillotte", "Dans quel état terre"…). Enfin, le son rend vraiment bien l'ambiance d'un concert, à la différence de beaucoup d'autres enregistrements où les clameurs du public sont soigneusement étouffées en studio. A quelques semaines de Noël, ce double CD un brin nostalgique, qui risque de laisser froids les réfractaires car il n'apporte évidemment rien de neuf, est un cadeau souvenir recommandé à tous les fans, ceux de Bercy et d'ailleurs.

Gilles Rio

Hubert Felix-Thiéfaine "En concert à Bercy" (Epic/Sony)



L'IRMA, son Officiel et son site : au service des musiques

L'Officiel de la Musique 2000 vient de sortir. Ce précieux annuaire professionnel se double aujourd'hui d'un site Internet rempli de ressources. Visites guidées.

De 1988 à 1993, ce fut un petit gros. Depuis sept ans, c'est un grand costaud. En treize éditions, L'Officiel de la Musique (ex-Officiel du Rock) est devenu l'annuaire indispensable de tous ceux qui ont besoin d'un contact précis (artiste, maison de disques, presse, studio...) dans le rock, la chanson, le jazz ou les musiques du monde.

La version 2000 pèse 1kg5 et recense près de 25.000 contacts. Entre autres nouveautés, on y trouve un début de recensement des services en ligne (p. 506). On peut aussi faire son choix entre deux studios d'enregistrement marseillais (p. 673) ou contacter (p. 184) un groupe de musique traditionnelle kanak, Gurejele...

Le petit frère de L'Officiel de la Musique se nomme IRMA. Un petit frère très riche. Premier motif de satisfaction : l'entrée Répertoire, base de données complète de L'Officiel, constamment remise à jour. Entrons "touré" dans son moteur de recherche. Sept réponses s'affichent, dont Touré Kunda et Ali Farka Touré. Cliquons sur Farka Touré : une fiche apparaît, incluant contact téléphonique et nom du tourneur. Cliquons sur ce dernier et demandons au moteur de "chercher toutes les structures" qui lui sont liées : vingt-deux fiches d'artistes sont présentées, parmi lesquelles celles d'Ismaël Lô, de Geoffrey Oryema et de Régis Gizavo...

Autre service utile, le Fil Rouge, mini-Agence France Presse de la vie musicale : ouverture d'un Bureau des musiques actuelles à Londres (20-10-99), colloque sur le MP3 à l'Assemblée Nationale française (13-10-99)... On trouve encore sur ce site une série de fiches pratiques destinées à aider le musicien amateur, des offres d'emploi, une bibliothèque de documents téléchargeables (rapports, circulaires, enquêtes...). Le tout en consultation libre. Le site de l'IRMA, c'est le service public du secteur musical.

Jean-Claude DEMARI

L'Officiel 2000, 848 pp., 290 FF. 44,21 euro.
IRMA, 21 bis, rue de Paradis, 75010 Paris. T. : (33) 1 44 83 10 30.

Blondin, Thiéfaine et l'Officiel du disque

FRED BLONDIN : la voix de l'émotion

C'est avec son troisième album, en 1995, que Fred Blondin a vraiment éclaté aux yeux du grand public, grâce à un morceau signé Charlélie Couture, "Elle allume des bougies". Puis, ça a été la première partie de la tournée d'été 96 de Johnny Hallyday. Avec son nouvel album, "L'amour libre", Blondin joue avec virtuosité sur toute la gamme de l'émotion humaine.

Fred Blondin, c'est d'abord une voix. Une voix de jeune bluesman, grave, cassée. Mieux que cassée : usée. Une voix stonewashed. Ajoutez derrière, quelques tourneries diaboliques, plus la section rythmique de Trust nouveau modèle, David Jacob à la basse, Hervé Koster à la batterie : vous aurez l'un des disques les plus pêchus de la saison. Par exemple, quand Nono Krief, guitariste historique dudit Trust, vient faire hurler son instrument sur "Maintenant ou jamais"...

C'est pourtant une toute simple ballade piano-voix qui emporte tous les suffrages sur "L'amour libre". "Noël n'existe pas" raconte le premier Noël d'un père divorcé, loin de son fils. Avec des mots simples et une force d'émotion à peine imaginable dans le jeu du piano, ce morceau est l'un des rares, tous interprètes confondus, qui parvient à faire monter les larmes aux yeux.

La mélancolie de l'entre-deux amours, telle est l'atmosphère que respire l'album pour sa majeure partie. Parfois, comme sur deux de ses plus beaux titres, "My love" et "Parce que je l'aime", se glisse une éclaircie, un rire, un bonheur possible. Vite en profiter avant que ne retombe la pluie de rêve d'un quatuor à cordes : "J'veux qu'il pleuve, j'veux qu'tu pleures, j'veux qu't'aies peur", chante la voix stonewashed. Et, inexplicablement, toutes les femmes en redemandent.

Jean-Claude DEMARI

Fred Blondin "L'amour libre" Mercury-Universal


HUBERT-FELIX THIEFAINE : "En concert à Bercy"

Discret dans les médias, Hubert-Félix Thiéfaine a noué sur scène la relation indéfectible qui le lie depuis vingt ans à ses légions de fans. Mais, depuis 1983, quatre albums live sont déjà venus marquer le coup d'une tournée triomphale. Quel intérêt peut donc revêtir un cinquième témoignage ?

A plus d'un titre, ce concert, donné en décembre 1998 devant un Palais Omnisports de Paris-Bercy plein à craquer, est son enregistrement public le plus intéressant. D'abord, ce n'est pas si souvent qu'un disque live, qui arrive trop fréquemment comme un cheveu sur la soupe pour faire patienter entre deux CD studio (façon Johnny Hallyday ou Michel Sardou), se justifie si bien - celui-ci couronne en effet deux décennies de carrière.

Ensuite, plutôt que d'investir dans un best of miteux, ce "Concert à Bercy" survole les onze albums solo de Thiéfaine, n'en oubliant aucun, en plus de 2h20 et 32 chansons ("l'Ascenseur de 22h43", "la Vierge au Dodge 51", "la Fille du coupeur de joints", "Narcisse 81", "Zone chaude", "Septembre rose", "Un automne à Tanger", "Les mouches bleues", "Des adieux", "La cancoillotte", "Dans quel état terre"…). Enfin, le son rend vraiment bien l'ambiance d'un concert, à la différence de beaucoup d'autres enregistrements où les clameurs du public sont soigneusement étouffées en studio. A quelques semaines de Noël, ce double CD un brin nostalgique, qui risque de laisser froids les réfractaires car il n'apporte évidemment rien de neuf, est un cadeau souvenir recommandé à tous les fans, ceux de Bercy et d'ailleurs.

Gilles Rio

Hubert Felix-Thiéfaine "En concert à Bercy" (Epic/Sony)


L'IRMA, son Officiel et son site : au service des musiques

L'Officiel de la Musique 2000 vient de sortir. Ce précieux annuaire professionnel se double aujourd'hui d'un site Internet rempli de ressources. Visites guidées.

De 1988 à 1993, ce fut un petit gros. Depuis sept ans, c'est un grand costaud. En treize éditions, L'Officiel de la Musique (ex-Officiel du Rock) est devenu l'annuaire indispensable de tous ceux qui ont besoin d'un contact précis (artiste, maison de disques, presse, studio...) dans le rock, la chanson, le jazz ou les musiques du monde.

La version 2000 pèse 1kg5 et recense près de 25.000 contacts. Entre autres nouveautés, on y trouve un début de recensement des services en ligne (p. 506). On peut aussi faire son choix entre deux studios d'enregistrement marseillais (p. 673) ou contacter (p. 184) un groupe de musique traditionnelle kanak, Gurejele...

Le petit frère de L'Officiel de la Musique se nomme IRMA. Un petit frère très riche. Premier motif de satisfaction : l'entrée Répertoire, base de données complète de L'Officiel, constamment remise à jour. Entrons "touré" dans son moteur de recherche. Sept réponses s'affichent, dont Touré Kunda et Ali Farka Touré. Cliquons sur Farka Touré : une fiche apparaît, incluant contact téléphonique et nom du tourneur. Cliquons sur ce dernier et demandons au moteur de "chercher toutes les structures" qui lui sont liées : vingt-deux fiches d'artistes sont présentées, parmi lesquelles celles d'Ismaël Lô, de Geoffrey Oryema et de Régis Gizavo...

Autre service utile, le Fil Rouge, mini-Agence France Presse de la vie musicale : ouverture d'un Bureau des musiques actuelles à Londres (20-10-99), colloque sur le MP3 à l'Assemblée Nationale française (13-10-99)... On trouve encore sur ce site une série de fiches pratiques destinées à aider le musicien amateur, des offres d'emploi, une bibliothèque de documents téléchargeables (rapports, circulaires, enquêtes...). Le tout en consultation libre. Le site de l'IRMA, c'est le service public du secteur musical.

Jean-Claude DEMARI

L'Officiel 2000, 848 pp., 290 FF. 44,21 euro.
IRMA, 21 bis, rue de Paradis, 75010 Paris. T. : (33) 1 44 83 10 30.